Facteurs de risque de rechute d’artérite à cellules géantes : une étude de cohorte rétrospective chez 254 patients ayant eu une évaluation des gros vaisseaux par imagerie au diagnostic - 22/11/19
Resumen |
Introduction |
L’artérite à cellules géantes (ACG) est la vascularite la plus fréquente chez les personnes âgées de plus de 50 ans. Les rechutes sont fréquentes et les facteurs qui y sont associés ont fait l’objet d’études dont les conclusions restent disparates. L’objectif de cette étude était d’identifier les facteurs de risque de rechute d’artérite à cellules géantes chez des patients consécutifs ayant eu une évaluation vasculaire par imagerie au diagnostic afin d’identifier les populations à risque de façon précoce, et dans l’optique de leur proposer un traitement initial et un suivi spécifiques.
Patients et méthodes |
Dans cette étude rétrospective, ont été inclus des patients d’âge supérieur à 50 ans, atteints d’artérite à cellules géantes, consécutifs, et ayant eu une exploration vasculaire par imagerie au diagnostic par angioTDM, TEP-TDM ou angioIRM, entre avril 1998 et avril 2018. Des données cliniques, biologiques et radiologiques ont été recueillies. Les rechutes étaient diagnostiquées sur la réapparition ou l’accentuation concomitante de signes cliniques d’ACG et du syndrome inflammatoire biologique. Les caractéristiques des « patients rechuteurs (R) » et « patients non rechuteurs (NR) » ont été comparées. Des analyses univariée puis multivariée ont été réalisées.
Résultats |
Sur 804 dossiers étudiés, 254 patients ont été inclus, avec une prédominance féminine (sex-ratio homme/femme à 0,37), un âge médian de 72 ans et un suivi médian de 32,5 mois. Au diagnostic, 147 patients sur les 254, soit 57,9 %, présentaient une atteinte inflammatoire des gros troncs à l’imagerie, toutes modalités d’imagerie confondues.
Sur nos 254 patients, 46,2 % (117 patients) ont rechuté au moins une fois, dont 53,8 % une seule fois, 27,4 % deux fois et 22 patients (19 %) plus de deux fois. Le délai médian de première rechute après le diagnostic était de 9 mois avec une dose moyenne de corticoïdes alors à 10,9mg/j. Le délai de seconde rechute après le diagnostic était lui de 21,5 mois, avec une dose moyenne de prednisone à 5,8mg/j.
À 6 mois, et jusqu’à 24 mois, la dose de corticoïdes en milligrammes était significativement supérieure chez les patients rechuteurs, avec un délai médian entre le début et l’arrêt définitif des corticoïdes supérieur (34 versus 17 mois, p=0,0005), et ceux-ci avaient plus souvent reçu un immunosuppresseur au cours du suivi (44,7 % versus 7 %, p<0,0001).
La comparaison des caractéristiques au diagnostic des patients rechuteurs et non rechuteurs en analyse multivariée a permis d’identifier le sexe masculin (OR=0,48 ; IC95 % [0,25–0,91]) et la réalisation de bolus de solumédrol au diagnostic (OR=0,45 ; IC95 % [0,21–0,98]) comme facteurs protecteurs de rechute, ainsi que la toux (OR=2,08 ; IC95 % [1,01–4,28]) et la présence de toute manifestation musculosquelettique périphérique accompagnée ou non de pseudopolyarthrite rhizomélique (polyarthrite/ténosynovite distale/gonflement des extrémités avec ou sans œdème/arthralgies/myalgies, OR=2,50 ; IC95 % [1,30–4,80]) comme étant des facteurs de risque de faire au moins 2 rechutes. De plus, les patients non rechuteurs présentaient significativement plus d’accidents vasculaires cérébraux au diagnostic que les rechuteurs (p=0,0317) et le tronc artériel brachio-céphalique était plus souvent atteint sur l’angioTDM réalisée au diagnostic chez les rechuteurs (p=0,0459), ainsi que les vaisseaux du cou (p=0,0239), en particulier la carotide (p=0,0374).
Enfin, 19,7 % de nos patients rechuteurs ont présenté un événement vasculaire (événement aortique, ischémie de membre ou mésentérique, AVC, IDM ou AOMI de novo) au cours du suivi versus 11,7 % de nos patients non rechuteurs (p=0,083). Par ailleurs, nous n’avons pas noté plus de décès chez nos patients R (13,6 %) que chez nos patients NR (17,2 %, p=0,54).
Conclusion |
Cette étude, sur une large série de patients ayant tous eu une évaluation vasculaire au diagnostic, a mis en évidence le fait que le sexe masculin et les perfusions de méthylprednisolone pourraient être des facteurs protecteurs de rechute dans l’ACG, alors que la toux ainsi que des manifestations musculosquelettiques périphériques seraient associées à un risque de rechutes multiples. Si ces données sont confirmées dans des cohortes prospectives, l’adjonction d’emblée d’un immunosuppresseur pourrait être discutée afin de limiter les rechutes et de réaliser une épargne cortisonique.
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Vol 40 - N° S2
P. A66-A67 - décembre 2019 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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