Plasmocytome solitaire osseux : caractéristiques et facteurs associés au risque d’évolution vers le myélome multiple, sur une cohorte de 31 patients suivis au CHU de Reims entre janvier 2000 et juin 2022 - 18/12/22
, I. Charlot 1, M. Geoffroy 1, C. Chopin 1, C. Dorilleau 1, L. Bolko 1, A. Hittinger 1, J. Fabre 2, D. Papathanassiou 3, A. Quinquenel 4, L. Kanagaratnam 5, J.H. Salmon 1Resumen |
Introduction |
Le plasmocytome solitaire osseux (PSO) est une tumeur maligne rare, unique, caractérisée par l’accumulation localisée de plasmocytes monoclonaux dérivant d’un clone unique de lymphocytes B. Cette tumeur touche d’avantage les hommes avec un âge médian de 55 ans [1]. Le principal risque évolutif du PSO est la progression vers le myélome multiple (MM) [2]. Nous avons donc recherché les potentiels facteurs associés au risque d’évolution vers le MM, pour guider de façon plus ciblée la surveillance des patients atteints de PSO après traitement.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique, incluant des patients atteints de PSO diagnostiqués entre le 1/01/2000 et le 1/06/2022. Les caractéristiques cliniques, biologiques et l’imagerie au diagnostic, le type de traitement et les doses de radiothérapie reçues ont été recueillis. La réponse au traitement a été évaluée sur le plan biologique et à l’imagerie, en se basant sur les critères de l’IMWG [1]. Pour l’analyse de la survie sans myélome, une courbe de Kaplan–Meier a été construite, les courbes de survie ont été comparées par un test de Log-Rank.
Résultats |
La population étudiée était composée de 31 patients, 64,5 % d’hommes, avec un âge médian au diagnostic de 55 ans [48,5–69]. Un pic à l’électrophorèse des protéines sériques (EPS) et/ou urinaires (EPU) a été retrouvé chez 67,8 % des patients, avec une médiane à 8,5g/L [5–15]. Le rapport des chaînes légères libres sériques au diagnostic était anormal dans 51,6 % des cas, avec un taux médian à 0,98 [0,65–2,5]. La SUVmax médiane des 24 TEP-scanners réalisés au diagnostic était à 10 [6,1–14]. Concernant la réponse complète à l’imagerie après traitement, un ratio normal de chaînes légères libres sériques au diagnostic était un facteur prédictif significatif du contrôle local après traitement (RR=0,1 ; IC95 % [0,01–0,84]). La disparition du pic à l’EPS et/ou EPU, et la correction du ratio de CLS après traitement, avec un délai médian de 6 mois [3,51–8,75], étaient significativement corrélées à la réponse complète à l’imagerie (p=0,03). Les doses de radiothérapie, supérieures à 30Gy pour tous les patients de l’étude, ne faisaient pas varier significativement le taux de réponse complète à l’imagerie. Cependant, un traitement par radiothérapie avec des doses supérieures à 50Gy était corrélé à la disparition du pic à l’EPS/EPU ou correction du ratio de CLS (p=0,03).
Avec un suivi médian de 61 mois [20,4–102], la survie médiane sans MM était de 20,5 mois[10–47,5], et la survie médiane globale de 54 mois [16,5–96]. Sur les 31 patients étudiés, 16 ont développé un MM (51,6 %), avec un délai médian de progression de 16 mois [7,5–21,5]. Une anomalie du ratio des CLS au diagnostic était un facteur prédictif du risque d’évolution vers le MM (Tableau 1). La disparition du pic à l’EPS/EPU ou de l’anomalie du ratio de CLS après radiothérapie était associée à la diminution du risque de développer un MM. Parmi les 9 patients considérés en rémission complète au TEP-scanner (évaluation avant et après traitement), un seul a développé un MM. La dose supérieure à 50Gy et le contrôle local à l’imagerie après traitement étaient associés à une diminution du risque de développer un MM (p<0,05).
Conclusion |
Nos résultats soulignent l’importance d’identifier certains facteurs pronostiques sur la biologie dès le diagnostic, et suggèrent l’intérêt du TEP-scanner, également dans le suivi après traitement, afin de cibler au mieux les PSO les plus à risque d’évoluer vers le myélome multiple.
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Vol 89 - N° S1
P. A141 - décembre 2022 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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