Éruption dermatomyosite-like induite par l’hydroxyurée - 26/11/25
Resumen |
Introduction |
L’hydroxyurée est un antimétabolite couramment prescrit dans la prise en charge des syndromes myéloprolifératifs. Si ses effets indésirables cutanés sont variés, les éruptions de type dermatomyosite-like constituent une manifestation rare d’intérêt diagnostique majeur.
Observation |
Il s’agit d’une femme âgée de 64 ans, diabétique et hypertendue, suivie pour une thrombocytémie essentielle traitée par hydroxyurée depuis 12 ans. Elle présentait depuis 3 ans des lésions érythémato-squameuses des mains et des pieds. L’examen dermatologique retrouvait une poïkilodermie, un érythème héliotrope ainsi que des lésions érythémato-squameuses hyperkératosiques des doigts (en regard des articulations) et des pieds. Il n’existait ni atteinte musculaire ni pulmonaire. Le dosage des enzymes musculaires était normal et le bilan immunologique négatif. La biopsie cutanée montrait une hyperkératose épidermique non spécifique, avec une immunofluorescence directe négative. Le scanner thoracoabdominopelvien ne révélait pas d’anomalie. L’enquête de pharmacovigilance concluait au diagnostic d’éruption dermatomyosite-like induite par l’hydroxyurée. La prise en charge a consisté à réduire la dose d’hydroxyurée en association avec des dermocorticoïdes et des émollients, permettant une amélioration partielle des lésions cutanées.
Discussion |
L’hydroxyurée est un traitement de référence des syndromes myéloprolifératifs, généralement bien toléré. Toutefois, son utilisation prolongée peut s’accompagner d’effets indésirables cutanés variés. Les éruptions de type dermatomyosite induites par l’hydroxyurée constituent une complication rare, rapportée dans la littérature sous le terme de pseudo-dermatomyosite induite par l’hydroxyurée ou d’éruption dermatomyosite-like. Contrairement à la dermatomyosite idiopathique, ces formes iatrogènes se distinguent par l’absence d’atteinte musculaire, un bilan immunologique négatif et une évolution chronique mais indolente. Le diagnostic repose sur la reconnaissance des signes cutanés typiques et l’exclusion d’autres causes, en particulier paranéoplasiques. La prise en charge n’est pas codifiée. L’arrêt de l’hydroxyurée est souhaitable mais souvent contraint par l’indication hématologique. Dans ces situations, une réduction posologique associée à des traitements symptomatiques topiques (dermocorticoïdes, émollients) permet une amélioration partielle des lésions cutanées.
Conclusion |
Nous soulignons à travers ce cas l’importance de reconnaître cette entité rare. Son identification repose sur la reconnaissance de signes dermatologiques évocateurs en l’absence d’atteinte musculaire ou immunologique. La prise en charge associe une adaptation posologique de l’hydroxyurée et un traitement symptomatique.
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Vol 46 - N° S2
P. A471-A472 - décembre 2025 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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