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Trouble de conversion en médecine interne : 37 observations - 02/12/14

Doi : 10.1016/j.revmed.2014.10.085 
P. Cathébras , P. Régny
 Médecine Interne, Centre Hospitalier Universitaire de Saint-Étienne, Saint-Priest-en-Jarez 

Auteur correspondant.

Resumen

Introduction

Si les symptômes que recouvrait le terme d’« hystérie » n’ont pas disparu, les concepts qui tentent d’en rendre compte ont considérablement varié au gré des époques et des écoles psychiatriques, et ne font pas consensus au sein du monde médical, ce qui contribue, conjointement avec les craintes de l’erreur diagnostique et de la stigmatisation du malade, aux réticences des médecins à porter le diagnostic de trouble de conversion.

Patients et méthodes

Nous nous sommes intéressés à une série de 37 patients diagnostiqués comme souffrant d’un « trouble de conversion » au sens du DSM-IV vus entre 1998 et 2012 dans un service de médecine interne. Les caractéristiques cliniques, les arguments retenus en faveur du diagnostic, les comorbidités somatiques et psychiatriques, la prise en charge et l’évolution des troubles ont été recueillis à partir des dossiers médicaux et d’une enquête menée auprès des médecins traitants des malades. Aucun instrument standardisé d’évaluation ou de diagnostic n’a été utilisé.

Résultats

Sur le plan épidémiologique, nos résultats sont globalement en accord avec la littérature, avec une surreprésentation des jeunes femmes. La symptomatologie dans cette série était dominée par les troubles moteurs (62 %). Sans doute pour des raisons de recrutement non neurologique, les manifestations de conversion les plus étudiées actuellement, à savoir les crises psychogènes non épileptiques et les mouvements anormaux psychogènes, étaient peu représentés. La difficulté diagnostique résidait dans l’association à un facteur psychogène jugé causal ou aggravant relevé seulement dans 43 % des dossiers, et dans l’intrication fréquente avec des pathologies organiques. Les erreurs diagnostiques étaient rares (3 cas ambigus). En accord avec la littérature, on documentait majoritairement la dépression (38 %) et les troubles anxieux (35 %) parmi les comorbidités psychiatriques. Une plainte douloureuse était présente une fois sur deux chez ces patients. Aucune prise en charge ne s’est distinguée en termes d’efficacité. Globalement le pronostic s’est montré défavorable avec la persistance ou la récidive des symptômes pour 70 % de la population, associée à une altération de la qualité de vie.

Conclusion

Cette étude rétrospective confirme le caractère problématique de la mise en évidence d’un lien causal entre un événement ou un facteur psychologique et l’apparition de symptômes pseudo-neurologiques, critère d’ailleurs abandonné dans le DSM-5, au profit de la présence explicite de signes cliniques ou paracliniques en faveur de l’anorganicité des symptômes. Elle met en outre en évidence une relation de proximité inattendue entre le trouble de conversion et le syndrome douloureux chronique. Elle confirme que les approches thérapeutiques du trouble de conversion sont multiples et peu satisfaisantes, et que le pronostic est loin d’être favorable. Les publications récentes s’intéressent aux apports de la neuro-imagerie fonctionnelle dans la compréhension – encore très fragmentaire – du mécanisme de production des symptômes, mais surtout insistent sur la nécessité d’une prise en charge conjointe entre psychistes et somaticiens, et sur l’importance d’expliquer le diagnostic au patient, sans jargon ni faux semblants, le plus précocement possible [1].

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Vol 35 - N° S2

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