Mithridatisation au fentanyl : concentrations exceptionnellement élevées dans les cheveux - 07/05/15
, P. Sibille, O.Vieira, M.-H. Ghysel-Laporte| páginas | 2 |
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Resumen |
Objectif |
Nous rapportons le cas d’un chimiste de 29ans, synthétisant du fentanyl (analgésique opioïde dont le potentiel est 80 fois celui de la morphine) dans un laboratoire clandestin improvisé dans sa salle de bain, et de son amie, qui présentent une tolérance exceptionnelle au fentanyl. Ces derniers reconnaissent être consommateurs occasionnels de cannabis, réguliers de cocaïne et de méthadone, mais également ingérer, sans problèmes de santé notoires, des doses létales de fentanyl. En effet, ils expliquent que, depuis plusieurs années, ils ont augmenté progressivement les quantités de fentanyl qu’ils s’administrent jusqu’à acquérir une tolérance au produit. Plusieurs centaines de grammes de fentanyl sous forme de poudre conditionnés dans 150 flacons ont été saisis. Les analyses ont pour but de vérifier leurs déclarations.
Méthode |
Après 48heures de garde à vue, des urines ainsi que 3 mèches de cheveux sont collectées sur chacun des protagonistes. Les cheveux de l’homme sont châtains, d’une longueur de 59cm ; ceux de la femme, poivre et sel, mesurent 50cm. Les mèxhes de cheveux sont découpées en segments de 2cm. Des extractions spécifiques liquide-liquide ou en phase solide sont réalisées selon les substances recherchées (cannabis, opiacés, cocaïne, amphétamines, benzodiazépines, hypnotiques, anesthésiques, produits de substitution) avant une analyse par GC-MS/MS ou LC-MS/MS.
Résultats |
Le Tableau 1 répertorie les substances mises en évidences dans l’ensemble des segments de cheveux analysés chez l’homme (H) et chez la femme (F) et les concentrations les plus basses et les plus hautes mesurées sur toute la longueur de la mèche.
Les analyses mettent ainsi en évidence une poly-consommation de produits stupéfiants associée à des concentrations exceptionnelles de fentanyl dans les cheveux. Dans les urines, de fortes concentrations de fentanyl (H : 1,8mg/L, F : 1,5mg/L) et de norfentanyl (H : 17,6mg/L, F : 32,4mg/L) sont encore présentes plus de 48heures après la dernière prise.
Conclusion |
Si le cannabis, la cocaïne et la méthadone ont été dosés dans les cheveux à des concentrations déjà publiées dans le cas de consommateurs occasionnels ou chroniques, le fentanyl a été observé à des concentrations 20 fois supérieures à celles décrites dans la littérature [1, 2]. De plus, le mode de consommation sous forme orale est différent de ceux répertoriés (injections, patchs transdermiques). Nos résultats confirment les déclarations faites au service requérant. En effet, le mis en cause nous avait prévenu lors du prélèvement capillaire : « Vous allez trouver dans mes cheveux des teneurs que vous n’avez jamais vues avant ! ».
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Vol 27 - N° 2S
P. S43-S44 - juin 2015 Regresar al númeroBienvenido a EM-consulte, la referencia de los profesionales de la salud.
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