Catégorisation rapide d’objets : apport de la pathologie cérébrale - 02/03/08
Introduction. La vitesse avec laquelle des sujets sains reconnaissent les objets dans des tâches de catégorisation rapide d’objets suggère que la reconnaissance rapide d’objets est basée sur des processus non-conscients.
Objectifs. L’objectif principal de ce travail est d’approfondir cette étude des processus cognitifs impliqués dans la perception visuelle des objets en s’intéressant aux mécanismes de perception visuelle chez les agnosiques visuels.
Méthodes. La performance d’un patient présentant un syndrome de Benson avec agnosie visuelle a été comparée à celle de patients présentant une maladie d’Alzheimer sans agnosie visuelle et à des sujets sains, dans des taches de catégorisation d’objets en choix forcé. Deux images étaient présentées à gauche et à droite d’un point de fixation central. Elles contenaient soit une cible (un animal) soit un distracteur (autre objet). Le sujet désignait l’image contenant la cible soit en réponse manuelle soit par une saccade oculaire.
Résultats. La performance du patient agnosique était très inférieure à celle des sujets contrôles dans le test de dénomination d’objets. Par contre, en catégorisation rapide d’objets elle était de 70 % de réponses correctes. De plus cette performance était atteinte très rapidement, avec des saccades oculaires de l’ordre de 250 ms.
Discussion. Ces résultats suggèrent qu’un patient agnosique peut catégoriser (donc reconnaître implicitement) des objets qu’il n’identifie pas explicitement. La rapidité de traitement témoigne de processus automatiques.
Ce travail a été effectué grâce au soutien d’une bourse des JNLF.
Conclusion. La catégorisation rapide d’objets semble donc pouvoir s’accomplir sur la base de processus cognitifs préconscients. Des applications pour la rééducation des patients agnosiques peuvent être envisagées.
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Vol 163 - N° SUP4
P. 169 - avril 2007 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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