Le syndrome de dysfonctions non verbales (SDNV) : actualisation des connaissances et analyse d’une cohorte de 89 patients traités dans le centre expert Resodys - 10/07/25
Syndrome of non-verbal learning disabilities (NVLD): An update and analysis of a cohort of 89 patients admitted to the Resodys expert center
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Résumé |
Le syndrome de dysfonctions non verbales (SDNV) est une forme de trouble des apprentissages largement évoquée dans les milieux cliniques, pédagogiques et associatifs, surtout dans les pays anglo-saxons et au Québec, mais dont l’identité nosographique n’est pas établie, ce qui freine le repérage précoce de ces enfants et adolescents, et retarde d’autant le diagnostic et donc la mise en place d’un protocole d’interventions. En France, ce terme commence à se diffuser parmi les professionnels impliqués dans l’apprentissage et ses troubles, tandis que ses répercussions spécifiques sur la vie quotidienne, scolaire et sociale des individus gagnent en reconnaissance. Cet article a un triple objectif : 1/faire le point de l’état actuel des connaissances sur la présentation et les mécanismes du trouble, à l’aide d’une revue succincte de la littérature centrée sur les travaux publiés au cours de ces dernières années, notamment deux méta-analyses et un rapide survol des quelques rares études en neuroimagerie qui lui ont été consacrées ; 2/tenter de répondre aux questions qui se posent encore sur sa réalité et sa place parmi les troubles d’apprentissage et plus généralement les troubles du neurodéveloppement (TND) à travers l’analyse d’une cohorte de 89 patients ayant été admis ces dernières années dans le centre expert Résodys, consacré à la prise en charge des troubles d’apprentissage sévères dans la région PACA ; 3/enfin, à la lumière des données précédentes, s’interroger sur la pertinence d’une nouvelle critériologie à l’usage des cliniciens, selon une démarche dimensionnelle plus que catégorielle, et apte à aider à une meilleure prise en compte des enfants et adolescents concernés. Nous proposons ainsi une vision nouvelle de ce syndrome, basée non plus sur la mise en évidence d’un écart à la norme mais sur le double constat de la multiplicité des secteurs cognitifs touchés, en général de façon modérée ou partielle, et sur l’écart de performance, chez un même individu, entre ces différents secteurs, notamment verbaux et non verbaux. De ce point de vue, notre expérience clinique nous écarte d’une partie de la littérature récente tendant à rendre équivalent SDNV et trouble visuospatial. Plus que le déficit avéré à un domaine des fonctions cognitives, tout laisse en effet penser que c’est la multiplicité des domaines touchés, même à un niveau infra-clinique, qui est caractéristique du syndrome. Bien qu’encore peu abondantes, les données de neuroimagerie semblent en faveur d’un défaut de connectivité de réseaux neuronaux impliqués en commun dans plusieurs des fonctions cognitives concernées.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
The so-called Non-Verbal Learning Disabilities (NVLD) syndrome is a type of learning disorder that is frequently discussed in clinical, educational, and community contexts, particularly in Anglo-Saxon countries and Quebec. However, its nosographic identity remains undefined, which hinders the early identification of affected children and adolescents and consequently delays diagnosis and the implementation of appropriate intervention protocols. In France, the term is gradually gaining recognition among professionals involved in learning disorders, while its specific impacts on daily, academic, and social life are also becoming more acknowledged. This article has three main objectives: 1/to provide an overview of current knowledge regarding the presentation and mechanisms of the disorder through a brief literature review focused on recent publications, including two meta-analyses and a summary of the few neuroimaging studies dedicated to it; 2/to address ongoing questions regarding the clinical reality of the disorder and its classification among learning disabilities and, more broadly, neurodevelopmental disorders (NDDs) by analyzing a cohort of 89 patients recently admitted to the Résodys center which is specialized in the care of severe learning disorders in the PACA region of France; 3/finally, in light of these findings, to examine the relevance of a new set of diagnostic criteria for clinicians, adopting a dimensional rather than categorical approach to better support affected children and adolescents. We thus propose a new perspective on this syndrome—one that no longer focuses on deviation from the norm but rather on two key observations: the multiplicity of moderately or partially affected cognitive domains, and the intra-individual performance discrepancies among these domains, particularly verbal and nonverbal. From this standpoint, our clinical experience diverges from a portion of the recent literature that equates NVLD with visuospatial disorder. More than an isolated cognitive deficit, the hallmark of this syndrome seems to lie in the coexistence of subtle impairments across several domains—even at a subclinical level. Though still limited, neuroimaging data tend to support the hypothesis of impaired connectivity among neural networks that jointly contribute to several of the cognitive functions involved.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Syndrome de dysfonctions non verbales, Dyspraxie visuospatiale, Critères cliniques
Keywords : Non-verbal dysfunction syndrome, Visuo-spatial dyspraxia, Clinical criteria
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