Ce que le registre e-MUST dit de l’infarctus de la femme - 05/09/25
What the e-MUST Registry Reveals About Myocardial Infarction in Women
, Hakim Benamer c
, Aurélie Loyeau d
, Hugo Michalak a, b
, Tomislav Petrovic a, b
, Sophie Bataille e
, Yves Lambert f 
Résumé |
La question du genre dans l’infarctus aigu du myocarde (IdM) a émergé dans la littérature il y a plus de 25 ans. Il est apparu que, toutes choses égales par ailleurs, les femmes avec un IdM avaient une mortalité supérieure aux hommes. Le registre e-MUST qui inclus les patients avec un syndrome coronaire aigu avec sus-décalage du segment ST de moins de 24 heures pris en charge par l’un des 39 SMUR d’Île-de-France a permis de nombreuses analyses sur le genre. Il permet de trouver que [1] les femmes victimes d’un IdM meurent plus (OR=1,4 (IC 95%=1,1–1,8)) ; [2] les femmes victimes d’un IdM sont de plus en plus jeunes : alors que, de 2002 à 2021 l’âge de l’IdM a reculé de 2,9 ans chez l’homme (de 57,6 à 60,5 ans ; p<0,05) il était anticipé de 3,1 ans chez la femme (de 73,7 à 70,6 ; p<0,0001) ; [3] les femmes victimes d’un IdM sont parfois très âgées : elles représentaient 22 % du total du registre, mais plus de 60 % des nonagénaires. Dans ce sous-groupe de patients très âgés, le taux de décisions de reperfusion myocardique est passé de 50 % au début des années 2000 à plus de 90 % au début des années 2020. Cette décision de reperfusion myocardique était associée à une réduction de mortalité de 58 % ; [4] les femmes étaient victimes d’un IdM en l’absence de facteurs de risque cardiovasculaire ou, plus précisément, en présence de facteurs de risque qui ne sont pas couramment recherchés ; [5] les femmes victimes d’un IdM au petit matin, avec un pic à 08:00 et un délai d’appel au SAMU qui s’allongeait avec l’âge et la nuit jusqu’à atteindre 300 minutes chez la femme de plus de 65 ans ayant une douleur thoracique à une heure du matin ; [6] les femmes victimes d’un IdM et leur prise en charge préhospitalière qui, en dehors de la décision de reperfusion myocardique (93 vs 96 % chez l’homme; p<0,0001) était identique dans les deux genres quant au traitement anticoagulant et antiagrégant plaquettaire ; [7] les femmes victimes d’un IdM et la régulation médicale du SAMU, montrant que le genre du patient comme celui du médecin influençait la décision d’envoi d’un SMUR, variant de 49 % lorsque le régulateur et le patient étaient des hommes à 18 % lorsque le régulateur et le patient étaient des femmes et que [8] l’IdM de la femme suppose pour l’urgentiste, sensibilisation, formation et protocoles de soins spécifiques.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
The issue of gender in acute myocardial infarction (AMI) emerged in the literature over 25 years ago. It became evident that, all other factors being equal, women with AMI had higher mortality rates than men. The e-MUST registry, which includes patients with ST-segment elevation myocardial infarction (STEMI) of less than 24 hours’ duration managed by one of the 39 Mobile Emergency and Resuscitation Services (SMUR) in the Île-de-France region, has allowed for numerous gender-focused analyses. Key findings include: [1] higher mortality in women: women experiencing AMI have a higher mortality risk (OR = 1.4; 95% CI: 1.1–1.8) compared to men [2]. Younger age of onset in women: while the average age at AMI onset increased by 2.9 years in men between 2002 and 2021 (from 57.6 to 60.5 years; p < 0.05), it decreased by 3.1 years in women (from 73.7 to 70.6 years; p < 0.0001) [3]. Advanced age in a subset of women: women represented 22% of the total registry population but accounted for over 60% of nonagenarian patients. In this very elderly subgroup, the rate of myocardial reperfusion decisions rose from 50% in the early 2000s to over 90% by the early 2020s. This intervention was associated with a 58% reduction in mortality [4]. Nontraditional risk profiles: women with AMI often presented without traditional cardiovascular risk factors, or with risk factors not routinely screened for [5]. Circadian patterns and delayed calls: AMI in women frequently occurred in the early morning, peaking at 08:00. Call delays to emergency services increased with age and nighttime onset, reaching up to 300 minutes in women over 65 experiencing chest pain at 1 a.m [6]. Prehospital management: except for a slightly lower rate of myocardial reperfusion in women (93% vs. 96% in men; p < 0.0001), prehospital management, including anticoagulant and antiplatelet therapy, was comparable between genders [7]. Gender bias in medical regulation: analysis of SAMU call regulation revealed that both the patient’s and the physician’s gender influenced the decision to dispatch a SMUR unit—ranging from 49% when both regulator and patient were men to just 18% when both were women [8]. Need for targeted approaches: these findings underscore the necessity for increased awareness, dedicated training, and gender-specific emergency care protocols to improve outcomes in women with AMI.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Syndrome coronaire aigu ST+, Urgence, Samu, Préhospitalier, Genre
Keywords : Acute coronary syndrome, Emergency, Samu, Prehsopital, Gender
Plan
Vol 74 - N° 4
Article 101925- septembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
