Doxycycline : un nouveau cas d’hypertension intracrânienne - 15/11/17
Résumé |
Introduction |
La doxycycline (DXC) est un antibiotique de la famille des tétracyclines couramment utilisé dans le cadre de la chimioprophylaxie anti-palustre. Elle peut engendrer certains effets indésirables comme une hypertension intracrânienne (HTIC), dont 18 cas ont été enregistrés dans la base nationale française de pharmacovigilance en mai 2016.
Observation |
Un militaire français de 20ans, sans antécédent particulier, était rapatrié du Mali pour des céphalées en casque, invalidantes et résistantes aux antalgiques de pallier 3. Apparues trois mois après la prise de la DXC, les céphalées avaient été d’emblée intenses et s’accompagnaient de vomissements matinaux. Il n’y avait ni fièvre ni traumatisme déclenchant et la DXC était son seul traitement. L’examen clinique était normal sans œdème papillaire au fond d’œil. Aucune anomalie n’était retrouvée sur les examens suivants : numération formule sanguine, protéine C réactive, recherche de l’hématozoaire du paludisme sur un frottis sanguin et IRM cérébrale. La ponction lombaire retrouvait un LCR dépourvu d’anomalie cytologique et biochimique, mais dont la pression s’élevait à 27cm d’eau. Le diagnostic d’HTIC secondaire à la prise de tétracycline était retenu et la guérison survenait en moins d’une semaine après l’arrêt de la DXC, qui a été définitivement contre-indiquée. Cet évènement a fait l’objet d’une déclaration au centre régional de pharmacovigilance.
Discussion |
Les tétracyclines peuvent entraîner une élévation de la pression intracrânienne, responsable de céphalées, associées à des nausées et des vomissements, des acouphènes ou des troubles visuels dont la diplopie. Ce tableau d’HTIC peut apparaître dans un délai de 2 semaines à plus d’un an après le début du traitement. L’HTIC serait plus fréquente avec la minocycline chez la jeune femme en surpoids ou en cas d’antécédent d’HTIC [1]. Le diagnostic repose sur l’élévation isolée de la pression du LCR en l’absence d’anomalie sur l’IRM cérébrale. Sa survenue doit faire envisager la réalisation d’un fond d’œil à la recherche d’un œdème papillaire, éventuellement complété par l’examen du champ visuel. La guérison nécessite l’arrêt du traitement en cause. Chez certains patients, il est nécessaire de recourir à la prescription d’acétazolamide pour normaliser plus rapidement la pression intracrânienne et éviter la survenue de séquelles visuelles toujours possibles [2].
Conclusion |
L’apparition de céphalées sous DXC doit faire évoquer une hypertension intracrânienne d’origine médicamenteuse après avoir éliminé les urgences médicales. L’évolution est habituellement favorable à l’arrêt de la tétracycline, mais un traitement par acétazolamide est parfois nécessaire et des séquelles visuelles sont rarement observées.
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Vol 37 - N° S2
P. A231-A232 - décembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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