Utilisation d'une matrice emplois-exposition pour l'identification des expositions professionnelles à l'amiante - 02/03/08
E. IMBERNON [1],
M. GOLDBERG [1 et 2],
Y. SPYCKERELL [3],
J. STEINMETZ [3],
S. BONENFANT [2],
B. FOURNIER [3]
Voir les affiliations| pages | 11 |
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Position du problème : La réglementation française permet aux inactifs qui ont été exposés à une substance cancérogène dans leur vie professionnelle de bénéficier d'un suivi médical post-professionnel pris en charge par leur Caisse Primaire d'Assurance-Maladie (CPAM). Actuellement, très peu de personnes concernées bénéficient de cette mesure. Le projet ESPACES propose et évalue une méthode de repérage des retraités qui auraient été exposés professionnellement à l'amiante afin de les informer de leurs droits à ce suivi.
Méthodes : Cette étude pilote a été réalisée dans les Centres d'Examens de Santé (CES) de la Sécurité sociale de six départements, sur un échantillon d'hommes retraités dans les années 1994-96 tirés au sort. La probabilité d'exposition à l'amiante a été évaluée grâce à une matrice emplois-exposition. Des entretiens de validation ont été réalisés dans les CES. Les retraités dont l'exposition a été confirmée ont été adressés pour une demande de prise en charge de suivi médical. Une évaluation de la procédure a été réalisée par comparaison avec des CPAM témoins, et des simulations ont permis d'évaluer la sensibilité et la spécificité de la procédure, ainsi que les effectifs potentiellement concernés.
Résultats : Parmi les 737 sujets classés exposés part la matrice et qui sont venus à l'entretien, 53,8 % ont vu leur exposition confirmée. Au total, 143 sujets ont été pris en charge, soit une proportion 17 fois supérieure à celle des CPAM témoins. Les simulations montrent que pour environ 250 000 nouveaux retraités chaque année, l'adoption d'un seuil bas de détection (prenant en compte la probabilité et la durée d'exposition) amènerait environ 25 000 personnes dans les CES, dont plus de 6 000 seraient pris en charge.
Conclusion : Une généralisation de la procédure qui aurait pour effet de réduire les inégalités d'information des personnes ayant été exposées à l'amiante a été proposée aux responsables de la Sécurité sociale. Le seuil de dépistage proposé permet une généralisation réalisable et éthiquement acceptable, en optimisant le nombre de faux positifs et de faux négatifs.
Background: According to a recent French legislation (1995), retired people who have been exposed to an occupational carcinogen can benefit from a specific post-occupational medical follow-up program, supported by the "Caisse Primaire d'Assurance-Maladie" (CPAM), the French health insurance system. However, only very few people presently take access to this social measure. The ESPACES project developed and evaluated a procedure to identify retirees who have been exposed to asbestos during their career, and to inform them about the post-occupational medical follow-up program.
Methods: This pilot study was performed within the health centers ("Centres d'examens de santé" (CES)) of the health insurance system in a random sample of men who have retired from the six main French administrative divisions between 1994 to 1996. A probability of exposure to asbestos was attributed through a job exposure matrix. Subjects were interviewed in the CES to validate their exposure data. Retired subjects with confirmed exposure to asbestos were referred to their CPAM, to apply for the medical follow-up. The whole process was evaluated through a comparison with control CPAMs, and simulations were performed to assess its sensitivity and specificity, as well as the total number of persons in France who could potentially benefit.
Results: Among the 737 persons classified as exposed by the matrix who came to the CES, the exposure was confirmed for 53.8%, and 143 benefited from the medical follow-up, 17 times more than in a sample of control CPAMs. Based on an annual number of about 250,000 new retirees, simulations showed that a low detection threshold, taking into account the probability and duration of exposure, would yield approximately 25,000 persons coming to the CES, more 6,000 of them benefiting from the follow-up.
Conclusion: The proposed detection threshold would allow for a feasible and ethically acceptable generalization, due to the optimization of the false negative and false positive rate.
Mots clés :
Exposition à l'amiante
,
Cancers Professionnels
,
Matrices Emplois Exposition
,
Réparation
,
Maladies Professionnelles
,
Dépistage
,
Retraités
Keywords: Asbestos Exposure , Occupational Cancer , Job Exposure Matrices , Compensation Benefits , Occupational Diseases , Retired Workers
Plan
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Vol 52 - N° 1
P. 7-17 - février 2004 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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