Prévalence et facteurs de risque d’ostéonécrose aseptique chez 820 greffés rénaux - 20/09/16
, R.M. Javier 1, M. Schaeffer 2, P. Perrin 3, S. Caillard 3, B. Moulin 3Résumé |
Introduction |
L’ostéonécrose aseptique (ONA) est une complication fréquente après greffe rénale même si l’amélioration des traitements immunosuppresseurs a incontestablement permis une diminution importante de sa prévalence (de 37 % en 1968 à 4 % de nos jours). Cependant, aucune étude récente n’a évalué sa prévalence ainsi que l’impact des facteurs de risque présumés depuis les protocoles d’immunosuppression récents.
Patients et méthodes |
Nous avons colligé les cas d’ONA chez les 820 patients adultes transplantés successivement dans notre centre entre le 1er janvier 2004 et le 30 juin 2014 et avons analysé les données recueillies de manière prospective en pré-, per- et post-greffe jusqu’au 30 juin 2016.
Résultats |
Parmi les 820 patients (841 greffes rénales), 33 ont présenté une ONA, soit une prévalence de 4,0 %, 15 patients en pré-greffe (1,8 %), 18 patients (14 hommes pour 4 femmes) en post-greffe (2,2 %). Les localisations sont : les têtes fémorales (16 ONA sur 18), la cheville (1) et le genou (1), 10 ont d’emblée une localisation multiple. Dans 87,5 % des cas, les premiers symptômes douloureux sont survenus dans les 24 mois suivant la greffe avec une médiane de 9,8 mois. Les facteurs de risque sont : la prise de corticoïdes en pré-greffe (chez 55,6 % des ONA post-greffes vs 36,3 % chez ceux sans ONA), l’existence d’une anomalie de l’hémostase (chez 41,2 % vs 17,1 %), la présence d’un diabète de type 2 en pré-greffe (44,4 % vs 26,5 %), la dose moyenne cumulée de corticoïdes sur les 12 mois suivants la greffe (16,3mg/j d’équivalent prednisone vs 13,7mg/j), la dose de corticoïdes à M12 (6,9mg vs 3,0mg), le retard de fonctionnement du greffon (chez 44,4 % vs 27,4 %) et le rejet aigu (65,6 % vs 23,3 %). Il ne semble pas exister de différence de profil ostéodensitométrique ou d’anomalies phosphocalciques chez les patients ayant présenté une ONA.
Discussion |
Notre étude s’intéresse à un nombre élevé de patients et permet de mettre en évidence un profil particulier à risque d’ONA. Leur faible prévalence confirme les progrès de la prise en charge de l’immunosuppression, des rejets et le moindre usage de la corticothérapie.
Conclusion |
L’évolution de la prise en charge des transplantés rénaux est associée à une réduction de la prévalence des ONA par rapport aux séries plus anciennes. Cependant, la corticothérapie occupe encore aujourd’hui une place centrale.
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Vol 12 - N° 5
P. 281-282 - septembre 2016 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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