Des effets épigénétiques (transgénérationnels ou non) au nouveau concept d’épi-génotoxicité - 14/05/18
, Thierry Orsiere, Irène Sari-Minodier, Jeanne PerrinRésumé |
L’épigénétique correspond à l’ensemble des changements d’activité des gènes qui sont transmis au fil des divisions cellulaires ou au fil des générations sans faire appel à des anomalies de séquence de l’ADN. Ces dernières, regroupant mutations géniques et aberrations chromosomiques, constituent le domaine de la toxicologie génétique. Contrairement aux mutations, les modifications épigénétiques sont dynamiques et réversibles. Elles reposent entre-autres sur des variations de méthylation de l’ADN et des modifications des protéines qui structurent l’ADN (histones). Au côté des tests de génotoxicité et du séquençage du génome, se sont récemment développées des technologies permettant de connaître les modifications épigénétiques (épigénome) et d’étudier leurs origines environnementales : on pourrait évoquer ainsi l’émergence de l’épi-génotoxicité. Ce nouveau paradigme serait d’autant plus pertinent que les notions d’effet sans seuil, d’effet différé, de mécanisme d’action stochastique ou déterministe sont au cœur des débats qui animent le monde de la toxicologie génétique et constituent un enjeu de prévention vis-à-vis du risque sanitaire lié à l’environnement.
Il est désormais admis que des anomalies épigénétiques contribuent au développement et à la progression de maladies humaines, en particulier de cancers. La question de la transmission transgénérationnelle d’anomalies épigénétiques est également largement abordée dans la littérature scientifique, notamment en rapport avec les perturbateurs endocriniens, connus pour causer des anomalies épigénétiques. Les périodes pré- et péri-conceptionnelles sont en effet des périodes critiques pour les origines développementales de la santé et des maladies (DOHaD). La gamétogenèse, la fécondation et le développement embryonnaire précoce, où d’importantes modifications épigénétiques se produisent, sont influencées par l’environnement. Les ovocytes et spermatozoïdes constituent des cibles de modification épigénétique et sont également capables de les transmettre. La transmission materno-fœtale passe également par le placenta (changements métaboliques).
À ce jour, aucune déclinaison réglementaire de ces effets n’a pu clairement être établie. Il n’existe pas, par exemple, d’exigence d’évaluation du potentiel d’un agent à induire des effets épigénétiques dans le règlement Reach. Néanmoins, il apparaît que ces effets épigénétiques constituent une source de préoccupation en santé environnementale et santé au travail, d’autant qu’ils sont susceptibles de survenir à des niveaux d’exposition très faibles et concernent particulièrement les populations sensibles telles que les sujets en âge de procréer et les femmes enceintes.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Effets épigénétiques, Génotoxicité, Transgénérationnel, Toxicologie
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Vol 79 - N° 3
P. 311 - mai 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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