Étude de validation des codes diagnostics de l’insuffisance cardiaque - 22/05/18
, V. Gilleron c, G. Chatellier d, V. Looten d, N. Moore a, bRésumé |
Objectifs |
L’insuffisance cardiaque (IC) est une maladie fréquente et sévère pour laquelle il est nécessaire de mieux connaître la prise en charge en vie réelle. Les bases de données médico-administratives françaises telle que le Système national des données de santé (SNDS) sont d’excellents outils pour la réalisation d’études observationnelles à grande échelle. Cependant, pour fournir des résultats fiables, les patients IC doivent être convenablement identifiés dans ces bases. L’objectif de cette étude était d’estimer la performance diagnostique des codes I50.x (CIM-10) de l’IC, les plus fréquemment identifiés dans la littérature, et renseignés dans le Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) pour des séjours hospitaliers en 2014.
Méthode |
Cette étude a été réalisée dans deux hôpitaux hospitalo-universitaires (HEGP à Paris et CHU de Bordeaux), en comparant les données du PMSI aux données des comptes rendus d’hospitalisation (CRH). Afin d’estimer la valeur prédictive positive (VPP), les patients ayant un séjour hospitalier codé I50.x en 2014 ont été tirés au sort aléatoirement dans le PMSI. Les CRH correspondants ont été revus par des médecins indépendants et le diagnostic d’IC a été défini comme certain, probable ou inexact, selon les critères diagnostiques cliniques, biologiques et échographiques de la Société européenne de cardiologie. Afin d’estimer la sensibilité, les CRH des patients IC identifiés soit directement par leur cardiologue (Bordeaux), soit par échantillonnage aléatoire (Paris), ont été croisés avec les données du PMSI pour rechercher la présence des codes I50.x. Deux analyses de sensibilité ont été réalisées afin de décrire les variabilités spatiale et temporelle de la VPP des codes I50.x.
Résultats |
Au total, 200 cas possibles d’IC ont été identifiés dans le PMSI et 229 patients IC ont été identifiés dans les CRH. La VPP des codes I50.x était de 88,0 % (IC 95 %: 83,5 à 92,5 %) lorsque le diagnostic d’IC était certain ou probable et de 60,5 % (IC 95 %: 53,7 à 67,3 %) lorsque le diagnostic d’IC était certain. La VPP était similaire dans les deux hôpitaux mais était meilleure lorsque le code provenait du service de cardiologie (90,7 %). Entre 2009 et 2014, on a observé une amélioration de la qualité de codage. La sensibilité globale était de 64,2 % et dépendait du département codant le diagnostic: le département de cardiologie avait une meilleure sensibilité que les autres départements. Près de 70 % des patients IC sans code I50.x présentaient des codes de pathologies cardiaques sous-jacentes.
Conclusion |
Ces résultats ont mis en évidence que les codes diagnostic I50.x permettent d’identifier avec précision les patients IC hospitalisés, d’autant plus lorsque l’IC est le motif d’hospitalisation. Mais ils ne permettent pas à eux seuls d’identifier l’intégralité de ces patients, et ceci est en partie dû aux spécificités locales de codage. Un algorithme d’identification plus large doit donc être développé afin de capter davantage de patients IC.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Étude de validation, Performance diagnostique, CIM-10, Insuffisance cardiaque, PMSI
Plan
Vol 66 - N° S4
P. S199-S200 - juin 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
