Modulation inflammatoire des patients avec neurostimulation vagale - 19/07/18
, V. Desbeaumes, M.-P. Fournier-Gosselin, F. Richer, P. Lespérance, J.-F. CailhierRésumé |
Introduction |
La neurostimulation du nerf vague (SNV) est utilisée en neurochirurgie pour le traitement de l’épilepsie et de la dépression majeure médico-réfractaires. La SNV, en plus de stimuler électriquement le cerveau, exercerait aussi des effets systémiques anti-inflammatoires. Or, le rôle de l’inflammation dans la dépression majeure est de plus en plus reconnu. L’objectif de ce projet est de mesurer l’effet antidépresseur et l’impact anti-inflammatoire de l’implantation d’un SNV chez des patients ayant reçu un diagnostic de dépression majeure récurrente et réfractaire.
Matériel et méthodes |
Huit patients avec dépression médico-réfractaire (essai d’un minimum de quatre antidépresseurs à une dose et durée adéquate, soit en monothérapie ou en combinaison) furent recrutés. Les critères d’exclusion incluaient des conditions psychiatriques et médicales. La médication fut gardée stable jusqu’à 12 mois après la mise en marche initiale du neurostimulateur. Les symptômes de dépression ont été évalués avec l’échelle d’évaluation de Hamilton pour dépression et l’échelle Montgomery-Asberg Depression Rating Scale (MADRS) à 12 mois pour tous les patients et à 24 mois pour 7/8 patients. Le neurostimulateur a été activé 10jours après implantation. Afin d’analyser le phénotype immunitaire, nous avons recueilli du sang à l’implantation, avant l’activation de la SNV et à distance de l’activation chez ces 8 patients. Après la séparation des leucocytes, leurs phénotypes d’activation furent déterminés par cytométrie de flux. Au total, 40 molécules solubles furent mesurées dans le sérum par multiplex.
Résultats |
Six sur huit (75 %) patients ont obtenu une amélioration de plus de 60 % du score MADRS à 12 mois et 7/7 (100 %) patients une amélioration de plus de 45 % du score MADRS à 24 mois, traduisant une réponse significative à la SNV. De plus, le niveau de plusieurs cytokines pro-inflammatoires ont diminué de façon statistiquement significative avec la SNV. C’est le cas des cytokines suivantes : IL- 1a, IL-5, IL-7, MC P-1, MC. P-4, MDC, TARC, bFGF, FLT1 et VEGF-C.
Conclusion |
La SNV semble être efficace chez les patients avec dépression majeure réfractaire. De plus, nos résultats suggèrent l’implication potentielle d’une modulation inflammatoire dans l’effet thérapeutique observé.
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Vol 64 - N° 3
P. 273 - juin 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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