Embolie amniotique avec insuffisance rénale aiguë (IRA) anurique suite à un avortement spontané compliqué d’une hémorragie de la délivrance - 17/09/18
Résumé |
Introduction |
L’embolie amniotique (EA) est une complication obstétricale de mauvais pronostic survenant pendant le travail ou tout de suite après l’accouchement. Nous rapportons l’observation d’une patiente victime d’une EA au décours d’un avortement spontané, compliqué d’une IRA anurique d’évolution favorable.
Patients/matériels et méthodes/Observation |
Il s’agit d’une patiente de 17 ans hospitalisée pour prise en charge d’un état de choc suite à une hémorragie de la délivrance (j0). Cette patiente a fait une fausse couche spontanée à 20 SA. Après l’expulsion, la patiente a présenté une hémorragie de la délivrance responsable d’un choc hypovolémique, d’une détresse respiratoire, nécessitant une intubation et ventilation mécanique, et une anurie d’emblée (j2 : score de SOFA 8). Sur le plan biologique, à j1, le tableau comportait un tableau de coagulation intravasculaire disséminé (CIVD), avec une anémie à 6,2g/dL, 70 000 plaquettes, une hyperleucytose à 27 300/mm3 puis>100 000 à j4 (le myélogramme montrant uniquement une moelle riche), un TP à 38 %, un fibrinogène à 1,06g/L, des D Dimères>128 000mg/mL. L’anurie a nécessité des dialyses avec reprise de la diurèse à j16 sous furosémide.
Discussion |
L’amélioration hémodynamique a été rapide sous remplissage et noradréaline. L’extubation a été effectuée à j10. La CIVD a nécessité des transfusions de culots globulaires et de plaquettes. L’EA a été confirmée par le liquide du lavage bronchique montrant la présence de cellules amniotiques. L’évolution néphrologique a été lente, la créatinémie était à 826μmol/L à j15 et à 212μmol/L à j30, avec présence d’une protéinurie à 0,8g/jour. La NFS était normalisée. La patiente a été revue à 1 an et le bilan biologique est strictement normal. Il n’y a plus de protéinurie.
Conclusion |
Le diagnostic d’embolie amniotique est avant tout clinique et doit être évoqué au décours d’un accouchement devant un collapsus cardiovasculaire, une détresse respiratoire hypoxique, des convulsions et/ou un coma et une CIVD. La mise en évidence de cellules amniotiques dans le liquide lavage bronchique permet d’affirmer le diagnostic. L’observation rapportée est particulière car cette EA est survenue à un stade précoce de la grossesse (20 SA) et s’est compliquée d’une IRA anurique, de récupération lente, le diagnostic de rein de choc hypovolémique étant le plus probable. L’hypothèse d’embolisation rénale de matériel amniotique n’est cependant pas à écarter.
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Vol 14 - N° 5
P. 370-371 - septembre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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