Étude rétrospective : comparaison de l’efficacité et de la tolérance de l’immunoadsorption versus échanges plasmatiques dans le traitement des rejets humoraux en transplantation rénale - 17/09/18
, A. François 2, F. Hau 3, F. Hamelin 3, M. Hanoy 1, F. Le Roy 1, S. Grangé 4, I. Etienne 1, D. Guerrot 1, D. Bertrand 1Résumé |
Introduction |
La survenue d’un rejet humoral aigu est un facteur de risque majeur de perte de greffon en transplantation rénale. La plasmaphérèse est au centre du traitement du rejet humoral aigu, cependant aucune étude n’a comparé les échanges plasmatiques (EP) à l’immunoadsorption (Ia). L’objectif de notre étude est de comparer l’efficacité et la tolérance de ces 2 techniques dans ce contexte.
Patients/Matériels et méthodes |
Étude descriptive, rétrospective, monocentrique incluant les patients transplantés rénaux âgés de plus de 18 ans, ayant bénéficié d’une plasmaphérèse dans le cadre d’un rejet humoral aigu entre août 2009 et juillet 2017. Toutes les biopsies prouvant le rejet ont été relues. Le critère de jugement principal était l’évolution de la fonction rénale à 12 mois du traitement du rejet humoral. Les critères de jugement secondaires étaient : l’évolution des lésions histologiques et la diminution de l’intensité des DSA (anticorps spécifiques du greffon) après plasmaphérèse ainsi que la survenue d’événements indésirables définis par : la survenue d’épisodes infectieux, de réplications virales, l’apparition d’un diabète de novo, d’un néoplasie. La survie rénale et la survie patient étaient également analysées.
Observation/Résultats |
Huit patients ont été traités par EP (5 séances) et 12 par Ia (12 séances sur colonnes Immunosorba*). Les groupes étaient semblables en dehors de la durée de suivi 50 mois (±23) dans le groupe EP et 29 mois (±12,5) dans le groupe Ia (p=0,044). À 12 mois du traitement, les patients du groupe Ia présentaient un débit de filtration glomérulaire (DFG) stable contrairement au groupe EP dont le DFG diminuait (−10,9mL/m2 p=0,028). La réduction de la somme des DSA était plus importante dans le groupe IA (76,4 %) contre (61,9 %) dans le groupe EP mais non significative (p=0,29). Aucune différence concernant l’évolution des lésions histologiques en dehors du score iIFTA, qui s’améliorait après traitement dans le groupe Ia (p=0,06). La survenue d’un cancer était plus fréquente dans le groupe EP (p=0,06). On ne retrouvait pas de différence concernant la survenue d’épisode infectieux, de réplication virale, et de diabète de novo.
Discussion/Conclusion |
L’Ia est une alternative intéressante aux EP, associée à une excellente tolérance des séances du fait de sa sélectivité plus importante qu’en EP. La technique pourrait permettre une meilleure épuration des DSA et améliorer la fonction rénale lors de la prise en charge d’un rejet humoral. Ces observations sont à confirmer par les résultats du suivi au long court des patients traités par IA, et par une étude prospective.
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Vol 14 - N° 5
P. 421 - septembre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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