Adénocarcinomes pancréatiques classés borderline : existe-t-il une place pour un traitement néoadjuvant ? - 19/09/18
, C. Pouypoudat 2, E. Buscail 3, S. Adgié 2, N. Leduc 2, E. Terrebonne 4, D. Smith 4, J.-F. Blanc 4, C. Cassinotto 5, C. Laurent 3, L. Chiche 3, G. Belleannée 6, R. Trouette 2, V. Vendrely 2Résumé |
Objectif de l’étude |
Comparer le taux de résection R0 et la survie de patients pris en charge par chirurgie avec ou sans traitement néoadjuvant pour un adénocarcinome pancréatique borderline.
Matériel et méthode |
Nous avons inclus tous les patients consécutifs opérés entre 2010 et 2016 au centre hospitalier universitaire de Bordeaux pour un adénocarcinome pancréatique borderline (classification du National Comprehensive Cancer Network de 2017). Le traitement consistait en une chirurgie d’emblée ou précédée d’un traitement néoadjuvant en cas de risque R1 évalué en réunion pluridisciplinaire. L’objectif principal était de comparer les taux de résection R0 entre les deux groupes, les objectifs secondaires étaient les taux de survies globale et sans récidive (méthode de Kaplan–Meier).
Résultats |
Cinquante-cinq patients d’âge médian 64,5 ans (extrêmes : 47–79 ans) ont été pris en charge pour un adénocarcinome pancréatique borderline par chirurgie d’emblée (21 patients, 38 %) ou précédée d’un traitement néoadjuvant (34 patients, 62 %), avec une chimiothérapie (Folfirinox : oxaliplatine, irinotécan, 5-fluoro-uracile, acide folinique), une chimioradiothérapie (de dose médiane de 56Gy [extrêmes : 50–59Gy]) puis une chirurgie. Les caractéristiques tumorales différaient significativement entre les groupes, avec un contact artériel mésentérique chez 35 % des patients qui ont reçu un traitement néoadjuvant, 5 % des patients opérés d’emblée (p=0,01) et un contact veineux chez respectivement 91 % et 57 % (p=0,005). Les taux de résection R0 étaient respectivement de 91 % et 76 % (p=0,236). Après un suivi médian de 25 mois, respectivement 50 % et 62 % des cancers ont récidivé (p=0,65), sous forme métastatique dans 55 % des cas. Aucune rechute locale n’a été observée dans le groupe qui a reçu le traitement néoadjuvant contre 4,7 % dans le groupe opéré d’emblée (p=0,39). La survie globale médiane de l’ensemble des patients était de 46,1 mois, sans différence significative entre les groupes (49,7 mois dans le groupe qui a reçu le traitement néoadjuvant contre 36 mois pour celui opéré d’emblée, p=0,372). Il existait une différence à la limite de la signification concernant la survie sans récidive en faveur du groupe qui a reçu le traitement néoadjuvant : 34,6 mois 15,6 mois (p=0,054).
Conclusion |
Malgré un taux élevé de contact artériel, un traitement néoadjuvant par Folfirinox suivi de chimioradiothérapie a permis un taux de résection R0 similaire à celui des patients opérés d’emblée pour un adénocarcinome pancréatique borderline. En outre, il existait une différence à la limite de la signification de survie sans récidive en faveur du traitement néoadjuvant.
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Vol 22 - N° 6-7
P. 703 - octobre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
