À moyen terme, le modèle « activity-based anorexia » est caractérisé par une perte de masse maigre persistante associée à une restauration de la masse grasse - 15/11/18
, M. Jarbeau 1, 2, L. Belmonte 1, 2, 3, S. Nobis 1, 2, A. Goichon 1, 2, A. Amamou 1, 2, N. Achamrah 1, 2, 3, E. Salameh 1, 2, W. Bahlouli 1, 2, I. Boulete 1, 2, J.-L. do Rego 2, 4, P. Déchelotte 1, 2, 3, M. Coëffier 1, 2, 3| pages | 2 |
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Résumé |
Introduction et but de l’étude |
L’anorexie mentale (AM), trouble du comportement alimentaire restrictif souvent associé à une activité physique intense, entraîne un état de dénutrition chronique sévère. Le modèle « activity-based anorexia » (ABA) est fréquemment utilisé pour étudier la physiopathologie de l’AM avec une durée d’étude allant de 3 à 11jours de réduction des apports alimentaires. Le but de notre étude était d’évaluer la réponse au modèle ABA sur une période prolongée jusqu’à 20jours.
Matériel et méthodes |
Des souris mâles C57BL/6 ont été placées dans des cages individuelles avec ou sans roue d’activité. Après 5jours d’adaptation, l’accès à la nourriture a été progressivement réduit pour arriver à 3heures d’accès au jour 9. Les animaux ont été répartis en 3 groupes : Contrôle (CTRL ; pas de restriction et pas de roue d’activité), Limited Food Access (LFA ; restriction sans roue d’activité) et ABA (restriction+roue d’activité). Deux séries d’animaux ont été menées avec un sacrifice des souris au jour 17 (j17) ou au jour 25 (j25, n=8/groupe/temps). Un suivi quotidien a été réalisé, ainsi qu’une mesure de la composition corporelle par EchoMRI. Enfin les taux des ARNm codant pour NPY et POMC ont été mesurés par RT-qPCR au niveau hypothalamique.
Résultats et analyse statistique |
À j17, la perte de poids était plus importante pour le groupe ABA (−27,5±0,02 %) que pour le groupe LFA (−17,7±0,01 %, p<0,01). La masse maigre était diminuée dans les groupes ABA et LFA par rapport au CTRL (70,7±1,43 ; 68,1±0,67 vs 74,5±1,02 %, respectivement, p<0,01) alors que seul le groupe ABA présentait une diminution de la masse grasse (4,4±0,54 vs 8,1±0,57 (LFA) et 7,1 ±=0,84 % (CTRL) g, p<0,01). À j25, un profil similaire de perte de poids à celui de j17 était observé. Alors que les souris ABA avaient restauré leur masse grasse (7,6±0,37 %), la masse maigre restait diminuée dans les groupes ABA et LFA (67,2±0,31 et 70,1±0,70, respectivement, vs 75,9±0,76 % (CTRL), p<0,01). La prise alimentaire était plus faible à j17 pour les groupes ABA et LFA par rapport au CTRL (p<0,01) mais tendait à remonter à j25 (p<0,01). Le taux des ARNm codant pour NPY était augmenté à j17 et à j25 dans les groupes ABA (+120±0,30 et +167±0,33 %) et LFA (+53,4±0,11 et +70,7±0,29 %) par rapport au CTRL (p<0,01). Le taux des ARNm codant pour POMC n’était pas modifié à j17 mais chutait à j25 dans les groupes ABA (−48,3±0,11 %) et LFA (−47,5±0,10 %) par rapport au groupe CTRL (p<0,05).
Conclusion |
Le modèle ABA est associé à une dénutrition protéique persistante au jour 25 (diminution de masse maigre), associée à une restauration de la masse grasse probablement secondaire à une légère augmentation de la prise alimentaire. Ces résultats incitent à favoriser des approches thérapeutiques favorisant le gain de masse maigre lors de la renutrition.
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Vol 32 - N° 4
P. 256-257 - novembre 2018 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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