Utilisation d’aspirine faible dose et risque de cancer du sein dans une cohorte prospective de femmes ménopausées - 12/05/19
, M. Al Rhamoun b, M. Gunter a, G. Severi b, L. Dossus a, A. Fournier a, bRésumé |
Introduction |
Consommée à faible dose, quotidiennement et sur une longue période, l’aspirine s’est montrée efficace contre l’apparition des cancers gastro-intestinaux. Grâce à son effet antiagrégant plaquettaire, elle pourrait aussi jouer un rôle préventif dans l’apparition d’autres cancers. Cependant, les associations aspirine faible dose-cancer du sein sont contradictoires dans les études épidémiologiques.
Objectif |
L’objectif de cette étude était d’évaluer les associations entre utilisation d’aspirine faible dose et risque de cancer du sein dans l’Étude épidémiologique auprès de femmes de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (cohorte E3N).
Matériels et méthodes |
L’étude E3N s’appuie sur une cohorte de 98 995 femmes volontaires françaises, adhérentes à la Mutuelle générale de l’Education nationale (MGEN) et suivies depuis 1990. Les informations relatives au mode de vie, aux facteurs reproductifs et aux antécédents médicaux ont été recueillies tous les deux à trois ans par auto-questionnaires. Les cancers auto-déclarés sont validés par obtention des comptes rendus anatomopathologiques. Depuis 2004, des données de remboursement de médicaments issues de la MGEN sont aussi disponibles. Les femmes ayant au moins deux remboursements dans une période de trois mois ont été définies comme exposées à l’aspirine faible dose. L’exposition étant dépendante du temps, des modèles de Cox ont été utilisés pour estimer les Hazard Ratios (HRs) de l’association entre utilisation d’aspirine et risque de cancer du sein, globalement et par sous-types de cancer du sein.
Résultats |
Durant un suivi moyen de neuf ans, 2887 cas de cancer du sein ont été identifiés chez les 62 390 femmes ménopausées suivies (âge moyen au début du suivi : 63 ans). Parmi elles, durant le suivi, 17 % ont été exposées à l’aspirine faible dose. Dans les modèles multivariés, aucune association statistiquement significative n’a été retrouvée entre l’utilisation d’aspirine faible dose et le risque de cancer du sein [HR=1,03 (0,91–1,17)]. En revanche, comparées aux non exposées, les femmes ayant commencé ayant une durée d’utilisation cumulée de plus de quatre ans [HR=0,68 (0,47–0,98)].
Conclusions |
Dans cette cohorte de femmes ménopausées, l’utilisation d’aspirine faible dose sur une durée cumulée de plus de quatre ans était associée à une diminution de risque de cancer du sein. Les analyses sont toujours en cours et les résultats finaux seront présentés à la conférence. Les associations selon les sous-types de cancer du sein ainsi que le potentiel effet confondant d’autres antiagrégants plaquettaires et les effets modificateurs des facteurs de risque de cancer du sein seront étudiés.
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Vol 67 - N° S4
P. S195 - juin 2019 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
