L’augmentation de la graisse viscérale mesurée par une tomodentistométrie abdominale est associée à une baisse de la survie globale et de la survie sans récidive après résection hépatique curative du cholangiocarcinome intrahépatique - 11/05/20
, D. Bergeat 2, 3, C. Rousseau 4, L. Sulpice 2, 3, K. Boudjema 2, 3, R. Thibault 1, 2Résumé |
Introduction et but de l’étude |
L’impact de la composition corporelle pré-opératoire sur la survie après chirurgie curative pour cholangiocarcinome intrahépatique (CCI) est peu connu. La mesure de la composition corporelle par tomodensitométrie permet une évaluation des surfaces musculaire (SM), de graisse viscérale (SGV), graisse sous-cutanée (SGSC), et graisse intra-musculaire (SGIM). Le but de ce travail est d’évaluer si la composition corporelle préopératoire des patients opérés d’un CCI a un impact sur la survie globale (SG) et la survie sans récidive (SSR).
Matériel et méthodes |
Tous les patients opérés consécutivement d’une résection hépatique curative pour CCI entre 2004 et 2016, dont la tomodensitométrie préopératoire était disponible, ont été inclus. SM, SGV, SGSC et SGIM ont été mesurées sur une coupe transversale passant par la 3e vertèbre lombaire par un médecin non-radiologue à l’aide du logiciel ImageJ, puis rapportées à la taille au carré. La densité musculaire utilisée était comprise entre -29 et +150 unités Hounsfield (UI) et la densité graisseuse entre −190 et–30UI. Une faible masse musculaire était définie par un index musculaire squelettique (=surface musculaire (cm2)/taille (m) 2) <38,5 cm2/m2 (femmes); <52,4 cm2/m2 (hommes). La SG et la SSR ont été obtenues par analyse du dossier médical ou appel téléphonique. Les analyses univariées et multivariées pour la SG et la SSR ont été réalisées selon le modèle de Cox.
Résultats et analyse statistique |
Un total de 99 patients ont été inclus: 74 % hommes, 61 %>65 ans, 83 % score ASA≥2. 61 % des patients avaient une faible masse musculaire. Les SGV, SGSC, SGIM médianes étaient respectivement: 58,1±36,4, 56,1±28,8, 8,6±5,0 cm2/m2. En analyse multivariée, la SGV était associé à de moins bonnes survies globale (Hazard ratio (HR)=1,02 [95 % intervalle de confiance(IC), 1,01–1,02], p<0,0001) et survie sans récidive (HR=1,02 [1,01–1,03], p=0,0003). Les complications pulmonaires (HR=16,63[4,30–64,33], p<0,0001), le sepsis (HR=2,46 [1,30–4,63], p=0,0055), la transfusion peropératoire (HR=2,07 [1,14–3,73], p=0,0161), ≥1 tumeur (HR=2,29 [1,23–4,24], p=0,0086) étaient aussi associés à une moins bonne survie globale. L’invasion périnerveuse (HR=3,29 [1,75–6,19], p=0,0002), le sepsis (HR=3,75 [1,81–7,74], p=0,0003), ≥1 tumeur (HR=2,42 [1,28–4,60], p=0,0068) étaient associés à une moins bonne SSR. Il n’a pas été mis en évidence de lien entre les paramètres de composition corporelle et les complications post-opératoires.
Conclusion |
L’augmentation de la graisse viscérale est associée une baisse de la survie globale et de la survie sans récidive chez les patients opérés d’un CCI. Les mécanismes sous-jacents restent à établir.
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Vol 34 - N° 1
P. 31 - avril 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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