Traumatisme sonore aigu dans une population d’opérateurs maintenance ferroviaire - 27/09/20
Résumé |
Contexte |
Le traumatisme sonore aigu (TSA) affecte régulièrement des agents de maintenance de la signalisation électrique à la SNCF. Les modalités actuelles de prévention primaire privilégient la perception du risque ferroviaire au dépend de la réduction de l’impact sonore d’une exposition au bruit. L’évaluation d’un traumatisme sonore aigu est une urgence médicale. Le but de cette étude est de mettre en évidence la prévalence de cette exposition accidentelle dans une population ferroviaire, de caractériser les décisions administratives prises à l’issue du traumatisme, la traçabilité de l’information dans le dossier médical et notamment la déclaration en accident du travail.
Méthode |
La population étudiée est constituée de 112 agents des brigades de maintenance des dispositifs détonants sur les voies. Nous avons défini le traumatisme sonore aigu comme une exposition à moins de 1 mètre d’une détonation, avec une symptomatologie transitoire associant des douleurs, acouphènes ou hypoacousie. Une enquête téléphonique en décembre 2019 avec 2 rappels éventuels a été réalisée. Elle visait uniquement à identifier l’exposition à une détonation en reprenant les décisions associées. Une lecture médicale rétrospective des dossiers a permis de rechercher la trace médico administrative de l’évènement. Les deux sources d’information ont été comparées qualitativement.
Résultats |
Le taux de réponse lors de l’enquête est de 62,5 % (70/112). L’entretien ciblé retrouve 29 situations d’exposition à une détonation intempestive. Un traumatisme sonore aigu est retenu dans 34 % des entretiens (24/70). Parmi ces 24 évènements, seuls 5 ont été déclarés en accident du travail. Quatre traumatismes sonores aigus ont bénéficié d’un arrêt et d’un avis médical. Aucune trace médico administrative des évènements non déclarés n’est retrouvée.
Conclusion |
Ce taux de prévalence des TSA n’avait jamais été jusqu’alors évalué par le système de prévention. Les circonstances de l’exposition sont exclusivement en lien avec une erreur de procédure. La réversibilité des symptômes initialement ressentis rassure les agents exposés. Ces deux éléments nous semblent participer conjointement à la sous déclaration observée. Il nous parait nécessaire de développer l’information et la formation sur la conduite à tenir en cas de traumatisme sonore aigu. Dans un contexte d’évolution technologique des EPI, il est attendu un changement de paradigme en matière de prévention auditive dans l’industrie ferroviaire.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Traumatisme sonore aigu, Détonateur, Ferroviaire, Audiogramme, Accident
Plan
Vol 81 - N° 5
P. 660 - octobre 2020 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?

