Polyarthrite rhumatoïde masculine : est-elle différente de la forme féminine ? - 11/06/21
, M. Slouma 1, R. Dhahri 1, E. Hannech 1, L. Metoui 1, I. Gharsallah 1, B. Louzir 2Résumé |
Introduction |
La polyarthrite rhumatoïde (PR) est un rhumatisme inflammatoire chronique touchant avec prédilection la femme [1]. Le but de notre travail était d’étudier les particularités cliniques de la forme masculine.
Patients et méthodes |
Une étude transversale monocentrique a été menée au service de rhumatologie. Cent quinze patients atteints de polyarthrite rhumatoïde répondant aux critères ACR 1987 ou ACR EULAR 2010 suivis de 2010 à 2020 ont été inclus. Les données cliniques, biologiques, radiologiques, l’activité de la maladie (DAS28) et les modalités thérapeutiques ont été collectées et comparées entre la population masculine et féminine.
Résultats |
Notre population d’étude comportait 26 hommes (23 %) et 89 femmes (77 %). L’âge moyen était de 56,4±12,6 ans. La PR était immunopositive chez 76,5 % des patients et érosive chez 65,2 %. Elle était active dans 78 % des cas avec un DAS28 VS moyen à 3,5±1,4 et un DAS28 CRP moyen à 3,17±1,3. Les manifestations extra-articulaires étaient présentes dans 67 % des cas. Les DMARDs en cours étaient : méthotrexate (80 %, n=92), sulfasalazine (5 %, n=6), léflunomide (4 %, n=5) et un traitement biologique (38 %, n=44). Une corticothérapie était associée dans 38 % des cas avec une dose moyenne de 9,02±3,9mg. L’âge moyen au diagnostic était de 49±12,4 ans chez les hommes et de 43,7±13,2 ans chez les femmes (p=0,07). Une différence significative était notée concernant le mode de début qui était oligoarticulaire chez 26,9 % des hommes versus 13,4 % des femmes et polyarticulaire chez 69 % des hommes versus 85 % des femmes (p=0,04). Concernant la présence d’auto-anticorps (Facteur rhumatoïde et Anti-CCP), leurs taux ainsi que le caractère érosif, il n’y avait pas de différence statistiquement significative entre les deux populations masculine et féminine. La prévalence des manifestations extra-articulaires était aussi similaire chez les deux groupes (65 % chez les hommes et 67,4 % chez les femmes ; p=0,5). Pour le syndrome inflammatoire biologique, il n’y avait pas de différence significative concernant la VS. En revanche, la CRP était significativement plus élevée chez les hommes (48,8 versus 27,6 ; p=0,04). Paradoxalement, la maladie était moins active chez les hommes (DAS28 VS moyen : 2,73 versus 3,72 ; p=0,025 et DAS28 CRP moyen : 2,59 versus 3,33 ; p=0,039). Sur le plan thérapeutique, la dose moyenne de la corticothérapie était de 7,5mg chez les hommes et 9,35mg chez les femmes (p=0,07). Le recours aux biothérapies étaient similaire chez les deux populations (34,6 % chez les hommes, 39,3 % chez les femmes ; p=0,49).
Conclusion |
Bien que le la CRP soit significativement plus élevée chez l’homme, l’activité de la maladie évaluée par le DAS28 était plus importante chez la femme. Ce résultat peut être expliqué par le nombre d’articulations touchées qui semble être plus important chez la femme. Le début plutôt oligoarticulaire chez l’homme et polyarticulaire chez la femme soutient cette explication.
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Vol 42 - N° S1
P. A186-A187 - juin 2021 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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