Amoebose colique : un diagnostic différentiel de maladies inflammatoires chroniques de l'intestin à ne pas méconnaître - 01/06/22
Résumé |
Introduction |
Le diagnostic différentiel entre Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (MICI) et amoebose colique est difficile du fait d'une présentation clinique et coloscopique qui peuvent être similaires. Un diagnostic erroné de MICI fait encourir un risque amoebose intestinale fulminante du fait d'un traitement par corticoïdes et/ou immunosuppresseurs. Le but de cette étude rétrospective était d'évaluer la fréquence des faux diagnostics de MICI chez les patients atteints d'amoebose colique sur une période de 9 ans dans notre centre.
Matériels et méthodes |
Les dossiers des patients ayant eu une sérologie amibienne positive entre novembre 2013 et décembre 2021 dans notre centre ont été étudiés. Parmi eux, les patients atteints amoebose intestinale sans atteinte hépatique associée ont été inclus. Dans un deuxième temps, le diagnostic erroné de MICI était retenu devant les critères suivant : diagnostic initial de MICI, dégradation et/ou absence d'amélioration sous traitement spécifique, diagnostic d'amoebose intestinale dans un second temps, rémission clinique complète sous traitement de l'amoebose.
Résultats |
Vingt-six patients ont eu une sérologie amibienne positive depuis 2013 dans notre centre dont six atteints d'amoebose intestinale sans atteinte hépatique. Parmi ces vingt-six cas, trois patients (11,5 %) avaient été initialement étiquetés en tant que MICI du fait de la clinique et de l'aspect de la muqueuse colique à la coloscopie. Les évolutions défavorables après plusieurs lignes de traitement ont poussés le service d'hépato-gastro-entérologie à réaliser de sérologies amibiennes qui sont revenues positives. De plus, dans deux cas, des trophozoïtes d'Entamoeba histolytica ont été mis en évidence sur des pièces d'anatomopathologie. Le traitement par Métronidazole a mené la guérison des trois patients, parfois quelques années après le début de leurs symptômes. Les trois patients avaient séjourné en zone d'endémie (Vietnam, Inde, Indonésie).
Conclusion |
La sérologie amibienne permet donc de rectifier dans certain cas le diagnostic de MICI. De plus, chez les patients résidant hors zone d'endémie, elle permet de distinguer entre une infection et une simple colonisation par E. histolityca et/ou E. dispar ce que n'autorise pas la microscopie. Les résultats de cette étude sont à mettre en perspective avec une étude rétrospective multicentrique germano-espagnole (Roure & al., 2019) qui a retrouvé 10 % (5/50) de diagnostic erroné de MICI parmi des patients atteints d'amoebose colique. Ce travail souligne l'importance d'évoquer le diagnostic différentiel d'amoebose intestinale chez les patients ayant des symptômes de MICI, particulièrement chez les patients ayant vécus et/ou voyagés en zone d'endémie.
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Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 1 - N° 2S
P. S106-S107 - juin 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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