Troubles de l’usage de l’alprazolam : une analyse de la base de données mondiale de pharmacovigilance VigiBase™ - 11/12/22

Résumé |
Introduction |
Selon plusieurs études, l’alprazolam est une benzodiazépine présentant un potentiel de dépendance plus important que les autres molécules de sa classe [1]. Elle semble également contribuer à augmenter l’effet des opioïdes [2].
Méthode |
Nous avons analysé les données de déclarations de VigiBase™ du 01/01/2010 au 07/04/2021 sous deux aspects : (1) analyse des troubles de l’usage de l’alprazolam à l’échelle mondiale et (2) analyse des déclarations (tout effet confondu) pour l’ensemble des benzodiazépines en France afin de réaliser une analyse de disproportionnalité entre l’alprazolam et les autres benzodiazépines concernant les troubles de l’usage [3].
Résultats/Analyse |
Pour l’analyse mondiale, 8114 notifications de troubles de l’usage ont été totalisées dans Vigibase™ avec l’alprazolam, provenant de 44 pays, principalement les États-Unis (6288/8114, 77,5 %), l’Italie (686/8114, 8,5 %) et la France (556/8114, 6,8 %). Les États-Unis présentent un maximum de cas pour les 20–30 ans (28 %), la France pour les 30–40 ans (25 %) et l’Italie pour les 40–50 ans (27 %). Le sex-ratio homme/femme est de 1,6 pour les États-Unis, 1,1 pour la France et 0,4 pour l’Italie. Concernant les consommations associées à l’alprazolam, le cannabis et l’alcool sont les substances les plus représentées en France (respectivement 11,87 % et 12,05 %) contre 2,74 % et 9,11 % aux États-Unis. En revanche, aux États-Unis, plus de 70 % des cas impliquent l’association d’au moins un médicament opioïde, pour 27 % en France et 2,5 % en Italie. Sur les 8114 déclarations, 3741 décès ont été répertoriés (46,1 %) : âge médian 35 ans (IQR25-75 : 26–47). Ces décès proviennent des États-Unis dans 98,3 % des cas. Dans 75,65 % des cas, un opioïde antalgique était associé à l’alprazolam (principalement oxycodone, fentanyl et hydrocodone) et dans 17,8 % des cas, un traitement de substitution aux opioïdes (TSO) était associé (principalement méthadone, 82,7 % des TSO). Dans 4,1 % des cas, un antipsychotique était associé à l’alprazolam (principalement la quétiapine, 75,55 % des antipsychotiques). L’analyse de disproportionnalité a permis de mettre en évidence un Reporting Odds Ratio (ROR, significatif si>1) pour l’alprazolam de 1,43 (IC95 % : 1,04 ; 1,95) pour le mésusage/abus et de près de 1,97 (IC95 % : 1,50 ; 2,59) pour la dépendance.
Conclusion |
Les déclarations recensées dans VigiBase™ mettent en évidence un signal concernant le mésusage/dépendance de l’alprazolam par rapport aux autres benzodiazépines en France et soulignent l’association importante aux opioïdes dans certains pays. Ces données sont à mettre en perspective avec la crise des opioïdes observée aux États-Unis depuis les années 2010 [4].
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Alprazolam, Vigibase, Troubles de l’usage
Plan
Vol 77 - N° 6
P. 784-785 - novembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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