Quel est l’apport de l’utilisation d’un système d’aide à la décision pharmaceutique en pharmacie clinique dans la détection de situations à risque sur les médicaments du diabète ? - 15/12/22
Résumé |
Contexte |
Les Systèmes d’aide à la décision pharmaceutique (SADP) en pharmacie clinique ont montré des résultats significatifs sur la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse des patients. Cependant, peu d’études portent sur les médicaments du diabète.
Objectifs |
Analyser l’apport d’un SADP dans la pratique clinique des pharmaciens lors de l’analyse des prescriptions des médicaments antidiabétiques.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective, monocentrique et portant sur 1348 lits. Les pharmaciens cliniciens analysent les prescriptions et tracent leurs activités d’interventions pharmaceutiques (IP) sur le logiciel d’aide à la prescription (LAP). Depuis juillet 2019, l’équipe de pharmacie clinique utilise un SADP en routine. Le SADP détecte des situations à risque et les alertes sont analysées par les pharmaciens. Lors d’une première période (de novembre 2018 à avril 2019), nous avons extrait les IP faites via le LAP avant l’implémentation du SADP (IP-LAP-1). Puis, lors d’une seconde période (de novembre 2020 à avril 2021), nous avons extrait les IP faites via le LAP après l’implémentation du SADP (IP-LAP-2) et les IP réalisées suite aux alertes du SADP (IP-SADP). Nous nous sommes intéressés aux médicaments antidiabétiques dont le code ATC (Anatomical Therapeutic Chemical) commençait par A10 et nous avons pris en compte les alertes concernant les 12 règles implémentées dans le SADP.
Résultats |
Au cours de la première période d’étude, 203 IP-LAP-1 ont été réalisées. Lors de la seconde période, on retrouve 255 IP-LAP-2 et 64 IP-SADP. Entre ces 2 périodes, une augmentation de 57 % du nombre d’IP est constatée. Cette augmentation est principalement secondaire à l’intégration du SADP dans la pratique de pharmacie clinique. La metformine, les inhibiteurs de DPP-4 (dipeptidyl peptidase-4) et les insulines lentes sont les médicaments pour lesquels les IP sont les plus fréquentes, et ce, quel que soit l’outil ou la période. Le problème majoritairement détecté par le SADP est une non-conformité/contre-indication (68,4 %), conduisant à l’arrêt du médicament (e.g. metformine et adaptation à la fonction rénale). Ce type de problème est aussi identifié par les pharmaciens cliniciens, mais sur des situations différentes. On retrouve des IP réalisées exclusivement dans le LAP, ces IP concernent des indications non traitées (17,7 % en période 1 et 24,3 % en période 2), conduisant à l’ajout d’un médicament.
Discussion/conclusion |
L’implémentation d’un SADP pour la détection de situations à risque en diabétologie a montré une augmentation du nombre d’IP et une diversification des situations identifiées par les pharmaciens avec ou sans le SADP. Les IP faites via le SADP ne couvrent pas les situations à risque détectées par le LAP. Les SADP sont donc complémentaires à l’activité de routine des pharmaciens cliniciens et permettent de sécuriser la prise en charge médicamenteuse des patients diabétiques.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Service pharmaceutique, Technologie d’aide à la décision, Intervention pharmaceutique
Plan
Vol 57 - N° 4
P. e192 - décembre 2022 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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