Vitamines B sériques et risque de symptomatologie dépressive sur 17 ans en population générale âgée - 09/05/23
Résumé |
Introduction et but de l’étude |
Les vitamines B circulantes participeraient à la gestion de l’humeur par leur contribution au cycle de l’homocystéine, mais cette relation reste débattue, en particulier chez le sujet âgé. L’objectif de la présente étude était d’examiner l’association des taux sériques de vitamines B6, folates et B12 (seuls et combinés) avec le risque de symptomatologie dépressive au cours du temps dans un échantillon de sujets âgés.
Matériel et méthodes |
Les participants inclus dans cette étude étaient ceux de la cohorte prospective des Trois-Cités Bordeaux, exempts de symptomatologie dépressive et ayant eu un dosage sérique des vitamines B à l’inclusion. La symptomatologie dépressive (définie par un score sur l’échelle Center for Epidemiological Studies-Depression ≥ 16 sur 60 et/ou par l’utilisation d’antidépresseurs) a ensuite été évaluée tous les 2 à 3 ans pendant 17 ans. Les analyses stratifiées sur le sexe ont été réalisées à l’aide de modèles mixtes additifs logistiques et des fonctions splines ont été utilisées pour explorer de potentielles relations non linéaires. Tous les modèles étaient ajustés sur l’âge, le niveau d’éducation, le fait de vivre seul, le tabagisme, la consommation d’alcool, l’activité physique, l’indice de masse corporelle, la multimorbidité et la fonction rénale. Chaque vitamine a été étudiée seule, puis les effets de confusion et d’interaction entre vitamines ont été examinés pour étudier l’association entre la combinaison de ces vitamines et le risque incident de symptomatologie dépressive.
Résultats et analyses statistiques |
L’étude a inclus 515 hommes et 719 femmes (âge moyen±écart-type à l’inclusion : 74,1±4,9 ans). Une symptomatologie dépressive a été observée au moins une fois au cours du suivi chez 162 hommes (32 %) et 364 femmes (51 %). Chez les femmes, un taux de vitamine B12 adéquat (138–652pmol/L) ou en excès (> 652pmol/L) selon les normes du laboratoire d’analyses était associé à une réduction significative de 80 % et 91 %, respectivement, de la cote de présenter une symptomatologie dépressive au cours du temps par rapport à une carence (< 138pmol/L). Les odds ratio (OR) et intervalle de confiance (IC) à 95 % respectifs étaient de 0,20 [0,05–0,86] et 0,09 [0,02–0,48] avant ajustement sur les taux de vitamine B6 et de folates, et ils restaient inchangés après ajustement (OR [IC 95 %] : 0,21 [0,05–0,90] et 0,11 [0,02–0,54], respectivement). La modélisation quantitative des taux de vitamine B12 montrait également que la cote de symptomatologie dépressive diminuait progressivement et significativement avec l’augmentation du taux de vitamine B12, et ce, au-delà de la limite supérieure de 652pmol/L. Concernant les folates, l’association significative avec le risque incident de symptomatologie dépressive (pour l’augmentation d’un écart-type, soit 11 nmol/L, OR [IC 95 %] : 0,81 [0,66–0,99]) était atténuée après ajustement sur les taux de vitamines B6 et B12 (OR [IC 95 %] : 0,83 [0,67–1,01]). Enfin, le taux de vitamine B6 n’était pas significativement associé au risque incident de symptomatologie dépressive chez les femmes, et il n’y avait pas d’effets d’interaction entre les vitamines. Chez les hommes, aucune association significative des vitamines B sériques avec le risque incident de symptomatologie dépressive n’a été observée.
Conclusion |
Une gestion appropriée du taux sérique de vitamine B12 chez les femmes âgées, quels que soient les taux de vitamine B6 et de folates, pourrait contribuer à réduire leur risque de développer une symptomatologie dépressive.
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Vol 37 - N° 2S2
P. e48 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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