Prise en charge du risque rabique en post exposition en centre antirabique et en antennes anti rabique en zone de rage endémique - 18/05/23
Résumé |
Introduction |
En Guyane, le risque d'exposition rabique (RER) existe pour toute morsure ou griffure de mammifères de taille moyenne. Le centre anti rabique (CAR) de Cayenne est géré par une infirmière (IDE) qui, sous supervision médicale, centralise les avis, pose les indications de prophylaxie post exposition (PPE) et est la seule à pouvoir administrer les immunoglobulines antirabiques (IgAR) pour les RER de catégorie 3 (RER3). Les autres centres hospitaliers ou centres de soin en zones reculées sont des Antennes Anti Rabiques (AAR) qui signalent leurs dossiers au CAR et assurent la vaccination antirabique (VAR) sans disposer de personnel dédié. Notre objectif était de comparer les RER et leurs prises en charges selon le lieu de recours initial en CAR ou en AAR.
Matériels et méthodes |
Les signalements de RER en CAR et AAR ont été revus pour l'année 2022, à partir de la base de données du CAR où les informations sont colligées prospectivement. Une comparaison a été faite sur les expositions les plus à risque, les RER de catégorie 3 (RER3) qui nécessitent une PPE complète (= IgAR et plusieurs doses de vaccin AR). Les taux de RER validés, d'indication de PPE en cas de RER, d'initiation de VAR, d'administration d'IgAR et de complétude de PPE ont été comparés en fonction des groupes définis par le lieu de recours initial: CAR ou AAR. Les analyses bivariées ont été faites par test du Chi2 avec un seuil de significativité fixé à 0.05.
Résultats |
En 2022, 553 signalements ont été traités dont 544 (98,3%) avec un RER de catégorie 2 ou 3 lié à un animal potentiellement suspect; sans différence entre les 2 groupes (CAR 98,3% vs AAR 99,0%, p=0,40). Les RER3 étaient les plus fréquents avec 513 (94,3%) cas sans différence entre les groupes (94,8% vs 93,3%, p=0,47).
Pour les RER3, une PPE était indiquée dans 211 (41,1%) cas et plus fréquemment dans le groupe CAR (47,1% vs 30,2%, p<0,001). Parmi ces 211 cas, une PPE complète -en l'absence de vaccination antirabique préalable- était indiquée pour 186 (88,2%) cas, sans différence entre les groupes (87,8% vs 89,1%, p=0,80). Le taux d'administration d'IgAR était de 82,8% (93,4% vs 53,1%, p<0,001), soit un risque relatif de ne pas débuter d'IgAR pour le groupe AAR de 7,1 (IC95% 3,6 - 14,4). Le taux global d'initiation de PPE vaccinale était de 91,9% et était également inférieur en AAR (95,6% vs 81,6%, p<0,01). Au final, les RER3 en AAR avaient un risque relatif de PPE incomplète de 4,3 (IC95% 3,0 -6,1).
Les motifs de non administration d'IgAR en AAR étaient principalement une impossibilité de venir à Cayenne ou d'organiser le transfert.
Conclusion |
La prise en charge initialement en AAR était associée à moins d'indication mais à une moindre réalisation des PPE si elles étaient indiquées. La surveillance de l'animal mordeur pourrait s'avérer plus facile dans les petites communes mais en cas de besoin l'accès aux IgAR et l'initiation de la VAR semble plus complexe. L'absence de personnel dédié et les difficultés de déplacement vers Cayenne pourraient jouer un rôle dans la mise en place et la complétude d'une PPE. Il semble nécessaire de s'impliquer sur la prise en charge dans ces zones isolées voire d'envisager une campagne de vaccination préventive.
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Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 2 - N° 2S
P. S176-S177 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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