Évolution du microbiote urinaire chez les patients médullo-lésés présentant des escarres du bassin - 18/05/23
Résumé |
Introduction |
Les escarres de décubitus sont des plaies chroniques fréquemment polymicrobiennes qui concernent particulièrement les personnes ayant des déficiences neurologiques. Une première étude menée par notre équipe a permis d'étudier l'évolution sur 28 jours du microbiote d'escarres du bassin chez des patients médullo-lésés. Les analyses par métagénomique-16s avaient montré que la présence du genre Proteus sp. était fortement associée à une évolution défavorable de la plaie. Ces bactéries pourraient avoir comme origine le microbiote urinaire.
L'objectif de notre étude était de caractériser le microbiote urinaire de ces patients médullo-lésés à partir d'échantillons urinaires recueillis à J0 et à J28 de façon concomitante aux prélèvements d'escarre grâce à une analyse par métagénomique-16s.
Matériels et méthodes |
Parmi les patients inclus, six patients présentaient une escarre d'évolution favorable et six une escarre d'évolution favorable à J28. Après extraction, amplification et séquençage, les ADNr16s ont été analysés.
Résultats |
A J0, le microbiote urinaire des patients dont les escarres allaient évoluer favorablement à J28, présentait une alpha-diversité significativement supérieure à celui des patients ayant des plaies de mauvaise évolution (p=0.033). De plus, les abondances relatives des genres Staphylococcus, Lactobacillus et Bifidibacterium étaient significativement supérieures (p= 0; 0,024, 0,034 respectivement) dans les échantillons urinaires des patients présentant une plaie de bonne évolution. A contrario, les genres Proteus et Providencia étaient significativement identifiées dans le microbiote urinaire des patients présentant une escarre d'évolution défavorable (p=0.003, 0.024 respectivement).
A J28, les patients avec une plaie de bonne évolution présentaient une colonisation urinaire à Lactobacillus et Bifidobacterium alors que le genre Proteus était significativement identifé dans les urines des patients présentant des plaies d'évolution défavorable.
En comparant l'évolution du microbiote à J28, les patients ayant des plaies stagnantes ou dégradées avaient un microbiote urinaire stable, alors que le microbiote urinaire des patients dont la plaie s'était améliorée à J28 avait un microbiote urinaire modifié, marqué par une augmentation significative du genre Bifidobacterium à J28 (p=0.005).
Conclusion |
La diversité microbiotique à J0 pourrait être un facteur bénéfique pour l'évolution de la plaie. La persistance du genre Proteus au niveau urinaire et au niveau de l'escarre chez des patients présentant des plaies dégradées permettrait d'envisager le microbiote urinaire comme réservoir de bactéries néfastes pour la cicatrisation. Ces éléments permettent d'envisager d'autres investigations afin de décrire le scénario de cette dynamique de colonisation.
Liens d'intérêts déclarés |
CDR: consultante vitrais
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 2 - N° 2S
P. S40 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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