Corrélation entre la consommation des antibiotiques et la résistance du Pseudomonas aeruginosa chez les brûlés. - 18/05/23
Résumé |
Introduction |
L'apport incontestable des antibiotiques se voit menacé par leur surconsommation et l'antibiorésistance. Pseudomonas aeruginosa est le germe le plus responsable d'infection chez les patients brûlés. L'émergence de souches multi-résistantes chez ce germe est à l'origine d'une morbi-mortalité importante.
Notre objectif était d'étudier la corrélation entre l'émergence de souches résistantes de Pseudomonas aeruginosa et la consommation des antibiotiques considérés comme anti-pseudomonas majeurs.
Matériels et méthodes |
Notre étude est rétrospective descriptive menée dans un laboratoire de biologie médicale en collaboration avec un service de réanimation des brûlés, sur une période de 5 ans (2018-2022). Toutes les souches non répétitives de P.aeruginosa isolées dans le service de réanimation des brûlés étaient incluses. Comme recommandé par l'OMS, la mesure de la consommation d'antibiotiques était définie par le nombre de journées de traitement antibiotique rapporté à 1000 journées d'hospitalisation. Les taux de résistances chez P.aeruginosa aux anti-pseudomonas majeurs étaient calculés. L'évolution annuelle de la consommation des antibiotiques était étudiée par le test de Spearman (rs). La corrélation entre les taux d'antibiorésistance et la consommation des antibiotiques était étudiée par le test de corrélation de Pearson (R).
Résultats |
Pseudomonas aeruginosa dominait l'écologie du service de réanimation des brûlés avec un taux moyen de 13,29% (n=739). Une diminution significative de la consommation de l'imipenème était notée durant la période d'étude (rs= -1; p<0,05). La consommation de la Colistine, antibiotique faisant partie de la classe «Reserve» de l'OMS, était marquée par un pic en 2022 avec une DDJ/1000JH à 1648,95. Toutefois, la résistance à cet antibiotique était nulle durant notre période d'étude. Le pic de résistance du P.aeruginosa aux anti-pseudomonas majeurs était également noté en 2022 sauf à la ciprofloxacine pour laquelle le taux de résistance le plus élevé était objectivé en 2018 (64,49%). La consommation du pipéracilline/tazobactam avait une corrélation positive (R=0,95; p=0,01) avec le taux de résistance à cette même molécule. Par ailleurs, la consommation de la ceftazidime avait une corrélation positive non seulement avec la molécule elle-même (R=0,92; p=0,01) mais aussi avec le pipéracilline/tazobactam (R=0,94; p=0,02). Quant à la consommation de la ciprofloxacine, elle avait une corrélation positive avec la résistance à la ceftazidime (R=0,94; p=0,02).
Conclusion |
Notre étude a montré une corrélation positive et statistiquement significative entre la consommation de certains antibiotiques anti-pseudomonas majeurs et le niveau élevé de résistance chez P.æruginosa . Une stratégie de prescription plus rationnelle des antibiotiques, essentiellement ceux faisant partie de la classe « Reserve » et « Watch » de la classification de l'OMS, est nécessaire afin de lutter contre cette antibiorésistance et de préserver l'efficacité de ces molécules.
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Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 2 - N° 2S
P. S42 - mai 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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