“Muscle Pics”, a new body-checking behavior in muscle dysmorphia? - 18/05/23
« Muscle Pics », un nouveau comportement de vérification corporelle dans la dysmorphie musculaire ?
, D. Reynaud c, C. Legigan d, K. O’Brien e, G. Michel a, bAbstract |
Background and aims |
The internalization of ideal hypermuscular body and pro-muscularity media's influence have shown their importance in muscle dysmorphia development. The aim of the current study is to have a better understanding of links between specific body checking behaviors and muscle dysmorphia in social network context.
Methods |
In total, 342 students practicing weightlifting at the university gym in Bordeaux answered to a survey with sociodemographic information and body checking symptoms including taking specific selfies of muscles and muscularity “Muscle Pics” and the MDDI (Muscle Dysmorphic Disorder Inventory).
Results |
Muscle dysmorphia was prevalent in 18.7% of our population (64 students). We observed that muscle dysmorphia was correlated to “Muscle Pics”, “Follow-up”, “Message”, “Selfie”, and gym mirror checking with significant results (P<0.01). Also, « Muscle Pics » were linked to APEDs use, pro-muscularity websites, fitness model comparison and gym mirror checking (P<0.01). For muscle dysmorphia, “Muscle Pics” have strong predictive results (OR=5.10, P=0.000) and (OR=4.08, P=0.000) for adjusted. “Follow up” (OR=4.76, P=0.000) and (OR=3.83, P=0.000) for adjusted, “Muscle Pics Selfie” (OR=11.20, P=0.000) and (OR=11.55, P=0.000) for adjusted, “Muscle Pics Message” (OR=4.49, P=0.001) and (OR=5.78, P=0.001) for adjusted.
Conclusion |
“Muscle Pics” showed several links with muscle dysmorphia for global score “drive for size”, “functional impairment” but not for “appearance intolerance” dimension. Pro-muscularity websites, fitness model comparisons and gym mirror checking are linked to muscle dysmorphia and “Muscle Pics”. Future research on “Muscle Pics” will help to provide a better understanding of muscle dysmorphia and its link with pro-muscularity influence websites.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Résumé |
Objectifs |
L’internalisation de l’idéal hypermusclé constitue une des pierres angulaires du développement de la dysmorphie musculaire, caractérisant ces individus souffrant de ne jamais être assez musclés et dessinés. Les pensées et comportements développés s’illustrent par la mise en place de stratégies censées aider à la réalisation de ces objectifs esthético-corporels à travers l’idéal musculaire et graisseux, notamment par des pratiques de régimes spécifiques, des pratiques problématiques de l’activité physique ainsi que des consommations de produits aidant à améliorer l’apparence et la performance. Ces idéaux corporels sont véhiculés par les médias pro-muscularité, faisant la promotion d’un corps hypermusclé et des conduites devant être adoptées pour l’obtenir. Les individus peuvent alors développer une surveillance corporelle pathologique afin de s’offrir une nécessaire réassurance concernant cette correspondance idéale, notamment à travers des feedbacks entre « body-checking » et consultation des images présentant ces corps idéalisés hypermusculaires. Notre objectif sera d’investiguer les comportements de « body-checking » émergents dans la dysmorphie musculaire, notamment à travers les liens étroits se tissant entre les personnes souffrant de dysmorphie musculaire et leur consultation des sites pro-muscularité.
Méthodes |
Au total, 342 étudiants pratiquant la musculation à l’Université de Bordeaux ont répondu à un questionnaire sociodémographique ainsi qu’à des questions orientées sur les symptômes de vérifications corporelles pouvant s’exprimer par des pratiques nouvelles telles que les selfies de leur musculature globale ou d’un groupe musculaire spécifique, appelées « Muscle Pics » se déclinant en trois pratiques: « Follow-up » pour le suivi personnel de l’évolution corporelle, « Message » pour l’envoi de photos de sa musculature globale ou d’un groupe musculaire spécifique à des paires, « Selfie » pour publication de photos de sa musculature globale ou d’un groupe musculaire spécifique sur les réseaux sociaux. La dysmorphie musculaire était évaluée avec le questionnaire MDDI (Muscle Dysmorphic Disorder Inventory).
Résultats |
Dans notre population, la prévalence de la dysmorphie musculaire était de 18,7 %, soit 64 étudiants. Nous avons observé que la dysmorphie musculaire était corrélée au « Muscle Pics », « Muscle Pics Follow-up », « Muscle Pics Message », « Muscle Pics Selfie », et au « gym mirror checking » (p<0,01). De plus, les « Muscle Pics » étaient reliés à la consommation d’APEDs, à la consultation de médias pro-muscularité, à la comparaison de modèles fitness et au « gym mirror checking » (p<0,01). Pour la dysmorphie musculaire, les « Muscle Pics » sont fortement prédicteurs (OR=5,10, p=0,000) et (OR=4,08, p=0,000) en ajusté (âge, sexe, IMC), tout comme les « Muscle Pics Follow up » (OR=4,76, p=0,000) et (OR=3,83, p=0,000) en ajusté (âge, sexe, IMC), « Muscle Pics Selfie » (OR=11,20, p=0,000) et (OR=11,55, p=0,000) en ajusté (âge, sexe, IMC), ainsi que « Muscle Pics Message » (OR=4,49, p=0,001) et (OR=5,78, p=0,001) en ajusté (âge, sexe, IMC).
Conclusions |
Les « Muscle Pics » ont montré des liens étroits avec la dysmorphie musculaire pour le score global, la dimension « drive for size », « functional impairment », mais non pour « appearance intolerance ». Les « Muscle Pics » apparaissent comme prédicteurs de la dysmorphie musculaire mais aussi liés à la consultation de sites pro-muscularité, à la comparaison à des modèles fitness, à la consommation d’APEDs et aux « gym mirrors checking ». De futures recherches sur les « Muscle Pics » et ses déclinaisons devrait aider à acquérir une meilleure compréhension de la dysmorphie musculaire et de ses liens avec les sites pro-muscularité faisant la promotion cette idéal corporel hypermusclé.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Keywords : Muscle dysmorphia, Muscle Pics, Pro-muscularity websites, Drive for muscularity, Social Network System, Sport
Mots clés : Dysmorphie musculaire, Muscle Pics, Sites pro-muscularité, Drive for muscularity, Réseaux sociaux, Sport
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Vol 49 - N° 3
P. 241-247 - juin 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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