Pyomyosite à BGN au cours d’une dermatomyosite - 18/06/23
, M. Snoussi, S. Mekki, M. Ghribi, M. Ben Hamad, I. Chabchoub, N. Regaieg, Y. Bouattour, C. Damak, R. Ben Salah, F. Frikha, S. Marzouk, Z. BahloulRésumé |
Introduction |
La pyomyosite est une infection bactérienne d’un muscle strié. Elle peut être primitive ou secondaire à un foyer septique adjacent. Sa survenue au cours de la dermatomyosite (DM) est rare et multifactorielle.
Nous rapportant le cas d’une patiente suivie pour DM compliquée de collection musculaire purulente.
Il s’agit d’une dame de 54 ans, suivie depuis 2011 pour une DM avec une atteinte cutanée, musculaire et une myolyse biologique. Le diagnostic a été confirmé sur les données de l’électromyogramme et la biopsie musculaire. Elle a reçu une corticothérapie avec une évolution initialement favorable puis elle a présenté une rechute de sa maladie sous CT, motivant l’introduction des bolus de solumédrol et le plaquénil. L’évolution était bonne. Trois mois après, alors qu’elle était sous 10mg de prednisone, elle a eu une nouvelle poussée imposant l’introduction du méthotrexate. L’évolution était partiellement favorable avec une persistance du déficit des ceintures.
En novembre 2012, elle était hospitalisée pour une poussée cutanée et musculaire (déficit des ceintures) de sa maladie avec une fièvre à 39,5°C et une tuméfaction en regard de l’épaule gauche. La biologie a objectivé un syndrome inflammatoire biologique (VS à 110mm à h1, CRP à 177mg/L), une anémie inflammatoire et une lymphopénie à 290el/mm3 sans myolyse biologique.
L’IRM de la ceinture scapulaire trouvait une collection intramusculaire de la paroi thoracique latérale gauche et des muscles petit et grand rond avec une mastite homolatérale, associée à une dégénérescence graisseuse sans signes de myosite active.
La ponction de la collection ramenait un liquide purulent. L’étude cytobactériologique a montré des BGN (Serratia marcescens). L’évolution de la collection, sous acide fusidique et ciprofloxacine pendant 6 semaines, était favorable. De même pour la dermatomyosite sous prednisone, méthotrexate et hydroxychloroquine. L’IRM de contrôle a montré une persistance d’une fine lame de collection de la paroi thoracique latérale gauche et l’absence d’anomalie de signal musculaire.
La patiente est en rémission clinique et biologique avec un recul de dix ans.
Conclusion |
La pyomyosite est multifactorielle au cours des myopathies inflammatoires : peut être due à l’immunodépression iatrogène, liée à la maladie elle-même ou à la fragilisation du muscle strié par l’inflammation facilitant ainsi la greffe de germes pyogènes.
Le Staphylococcus aureus est impliqué dans 90 % des cas, plus rarement d’autres germes peuvent être en cause ce qui est notre cas (S. marcescens).
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Vol 44 - N° S1
P. A216-A217 - juin 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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