Perception du risque professionnel cutané chez les coiffeurs - 14/09/23
Perception of cutaneous occupational risk in hairdressers
Résumé |
But de l’étude |
Les dermatoses professionnelles des coiffeurs sont fréquentes et leurs conséquences invalidantes puisque beaucoup doivent abandonner leur métier et perdre ainsi le bénéfice de leur formation.
Méthode |
Dans ce travail, la commission épidémiologie de l’Institut de Montpellier (l’IRSST) a initié une étude sur la perception de ce risque spécifique chez les professionnels en Languedoc-Roussillon ; elle en évalue l’attitude préventive et effective. Quarante-quatre médecins du travail de différents services interentreprises ont proposé un questionnaire à 533 coiffeurs. Il porte sur leur perception du risque cutané, la connaissance théorique des produits et des accessoires responsables de dermatoses et la mise en pratique quotidienne des moyens de prévention. Il étudie les antécédents dermatologiques pré-professionnels et professionnels. Une étude de poste dans les salons de coiffure complète l’étude.
Résultats |
Parmi les 533 coiffeurs interrogés, 106 présentent des affections cutanées. Nous avons décrit l’ensemble de la population et comparé les coiffeurs porteurs de lésions.
Les coiffeurs identifient bien les risques, bien qu’ils ignorent majoritairement le risque nickel dont l’effet sensibilisant est potentialisé par les autres produits. Ils savent correctement quand ils devraient se protéger. Le test de concordance, utilisé ici, montre qu’ils se protègent adéquatement lorsqu’ils manipulent des produits colorants et décolorants, mais pas lors de l’utilisation des produits pour permanentes ou pour les shampooings.
Conclusion |
Les coiffeurs semblent répondre davantage à des motivations esthétiques ou de confort qu’à des arguments de protection purement médicale.
En tant que médecins du travail, nous devons leur rappeler le risque cutané, sa potentialisation par les objets en nickel, et inciter les coiffeurs à considérer les gants comme une protection médicale en respectant les protocoles de prévention qui existent déjà.
Nous devons aussi sensibiliser tous les acteurs de la prévention primaire : fabricants, employeurs, organismes de formation.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Aim of the study |
Occupational hairdressers’ dermatoses are frequent and their consequences are invalidating because many of them must quit their job and loose the benefit of their training. In this work, the Epidemiology commission of Montpellier Institute, IRSST, has initiated a study on the perception of this specific risk in a population of professionals in the Languedoc-Roussillon area; it evaluates the preventive effective practice.
Method |
Forty-four practitioners in occupational health, in different services have given a questionnaire to 533 hairdressers. It concerns their perception of the cutaneous risk, their theoretical knowledge about chemical products and the accessories involved in these dermatoses and their dayly practice of preventive measures. It studies dermatoses history before and after exposure.
Results |
The study of real conditions of work is observed. Among the 533 hairdressers who were pooled, 106 present different dermatosic lesions. We describe the whole population and compare it with hairdressers lesions.
Hairdressers are well-aware of the risks involved, although they on the whole ignore the nickel risk whose sensitizing effect is enhanced by action of other products. They know perfectly well when they should be protected. The concordance-test used here shows that they protect themselves adequately when they manipulate hairdyes or bleaching treatments, which is not the case when using products for perms or shampoos.
Conclusion |
Hairdressers seem to be more motivated by esthetical or comfort arguments than by purely medical ones.
As occupational health professionals, we have to remind them of the cutaneous risk, its potentialisation by nickel objects, and we have to motivate them to consider gloves as a medical protection and to conform to preventive protocols, which already exist. We have also to sensitize all actors in primary prevention, products makers, employers, and further education training schools.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Coiffeur, Dermatoses professionnelles, Risque, Gants
Vol 65 - N° 6
P. 470-479 - octobre 2004 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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