L’utilisation de protocoles d’induction de tolérance permet la poursuite du traitement par selpercatinib, un inhibiteur de RET pourvoyeur d’exanthèmes maculopapuleux - 18/11/23
Résumé |
Introduction |
Le selpercatinib est un inhibiteur de tyrosine kinase qui bénéficie actuellement d’une autorisation d’accès précoce en seconde ligne pour les cancers médullaires avancés de la thyroïde avec fusion du gène RET. Il fait l’objet d’essais thérapeutiques, notamment pour les cancers bronchiques non à petites cellules présentant d’autres altérations de RET.
Observations |
Notre première patiente âgée de 58 ans recevait le selpercatinib à la dose de 160mg deux fois par jour en seconde ligne pour un adénocarcinome bronchique métastatique. Elle présentait un exanthème maculopapuleux diffus grade 3 à j24 de l’introduction du traitement, sans anomalie clinicobiologique associée. L’enquête médicamenteuse ne trouvait qu’une automédication par kétoprofène comme autre traitement imputable, les traitements par lévothyroxine, acide folique, zopiclone, oxazépam, lévétiracétam et sertraline ayant été introduits depuis plus de 8 mois. Les patchs tests étant négatifs, une réintroduction à demi-dose avait été proposée à 20jours de l’épisode initial, conduisant à la réapparition d’une symptomatologie identique en 4heures. Au vu du caractère indispensable de ce traitement, un protocole d’induction de tolérance avec des paliers de 5mg 2 fois par jour, puis 15mg 2 fois par jour, puis 40mg 2 fois par jour, puis 80mg 2 fois par jour, puis 120mg deux fois par jour tous les 5jours a permis la reprise du traitement sans récidive de la symptomatologie et la poursuite de la réponse thérapeutique. Notre second cas concerne un patient âgé de 59 ans, traité par selpercatinib en seconde ligne pour un adénocarcinome bronchique métastatique avec fusion de RET. Il a présenté un exanthème papuleux fébrile sévère à 10jours de l’introduction du traitement à la dose de 160mg 2 fois par jour avec atteinte œdémateuse du visage, cytolyse à 2N, lymphopénie et thrombopénie légères sans hyperéosinophilie associée, insuffisance rénale fonctionnelle et élévation de la CRP à 130mg/L. Un bilan infectieux exhaustif était négatif ainsi que les patchs tests réalisés. En l’absence d’alternatives thérapeutiques satisfaisantes, et dans l’hypothèse d’une possible cause infectieuse non documentée, une ré-introduction à 10 % a été réalisée sans succès avec récidive dans les 3h de l’introduction du traitement. Un protocole d’induction de tolérance va être débuté prochainement.
Discussion |
Une publication rapporte la survenue de manifestations cutanées médicamenteuses dans 7 % des cas de traitement par selpercatinib parmi 329 patients inclus en phase 1/2. Celles-ci sont plus fréquentes en cas de traitement préalable par immunothérapie, comme c’est le cas chez nos 2 patients ayant reçu une association chimiothérapie plus immunothérapie en première ligne métastatique. Au vu de l’absence d’alternatives thérapeutiques chez les patients répondeurs au selpercatinib, il nous paraît important de rappeler que la survenue d’exanthèmes maculopapuleux ne constitue pas une contre-indication définitive à la reprise de ce traitement.
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Vol 3 - N° 8S1
P. A324 - décembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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