Exosquelette : retour d’expérience et réflexion d’une équipe de santé au travail - 01/12/23
Résumé |
Une entreprise de travaux publics envisage de développer un exosquelette pour soulager le risque ostéoarticulaire de salariés maniant des outils de terrassement et propose à l’équipe santé travail (EST) de les aider dans leur démarche.
Que pouvons-nous retenir de cette expérience ?
La mission du service de prévention et de santé au travail est de prévenir toute altération de la santé des salariés au travers notamment d’actions de prévention primaire menées sur le terrain. De précédentes études faisaient émerger l’intérêt potentiel d’un exosquelette.
Objectif |
Sur proposition d’un prototype par un opérateur de terrain, la direction de l’entreprise sollicite l’EST pour participer au groupe projet. Très vite apparaît le besoin d’évaluer l’intérêt et les contraintes du matériel vu comme une réponse quasi magique à la problématique, avec l’ambition d’en faire un équipement de protection individuelle.
Méthode |
Nous proposons au groupe projet une méthodologie étayée d’une documentation spécialisée de l’INRS. La rencontre du fournisseur chargé de développer le matériel relève les premiers points de vigilance : contraintes articulaires ou physiques nouvelles. Une métrologie biomécanique avec cardiofréquencemètrie est proposée associée à des questionnaires de ressenti des testeurs volontaires. Les résultats soulèvent de nouvelles questions qui sont difficilement audibles en restitution.
Discussion |
En tant qu’EST, pour éviter une solution inadaptée générant d’autres contraintes, nous accompagnons, conseillons les entreprises et proposons des méthodologies éprouvées. Cependant, celles-ci peuvent être perçues comme empêchantes dès lors qu’elles relèvent des points de vigilance à traiter. En effet, le groupe projet très impliqué et enthousiaste dans la création de l’outil a pu, au regard des critiques objectives formulées, contourner la méthode au profit de conclusions plus favorables au déploiement de l’outil : instrumentalisation des résultats, du questionnaire sans respect de l’anonymat et test de terrain effectué par le créateur du prototype. Ainsi, pour accompagner efficacement ce type de projet il est nécessaire d’identifier l’ensemble des enjeux, y compris politiques, mais aussi les freins.
Certaines étapes du mode projet n’ont pas été mises en place telles que les retours d’informations à chaque avancée ce qui aurait permis de mieux réajuster le développement de l’outil. Cette expérience est donc venue nous conforter dans la pertinence des méthodes utilisées : mode projet, démarche éprouvée, mais aussi dans la nécessité de veiller à leur application rigoureuse. Pour ce faire, il est indispensable de démarrer l’intervention en précisant d’emblée le dispositif et en le partageant avec l’ensemble des interlocuteurs.
À l’avenir, nous serons vigilants quant à l’évolution de l’outil, son utilisation ou son déploiement éventuel, le rôle du service permettant d’assurer un suivi à long terme.
Conclusion |
La bonne connaissance de l’entreprise, des interlocuteurs et la pertinence de nos interventions passées nous permettent d’être crédibles auprès de l’entreprise et d’être associés à leur stratégie de prévention. L’expertise et la pluridisciplinarité au sein de l’EST participent à la vision plus globale des situations de travail et alimentent la réflexion en matière de santé et sécurité. Enfin, nous mesurons le potentiel de la démarche pour proposer avec efficience ce type d’outil dans le cadre d’un maintien en emploi de salariés présentant une problématique de santé ou vieillissants.
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Vol 84 - N° 6
Article 101885- novembre 2023 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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