Développement d'algorithmes mesurant l'exposition médicamenteuse cumulée à partir d'un entrepôt de données de santé - 12/03/24
, A. Bannay b, G. Bouzillé a, P. Le Corre cRésumé |
Introduction |
La polypharmacie (PP) est fréquente chez les patients atteints de cancer hématologique avancé. Outre l'aspect quantitatif (PP≥5 médicaments/jour, hyperpolypharmacie ≥10 médicaments/jour (HPP)), il est essentiel de considérer l'aspect qualitatif des prescriptions (interactions médicamenteuses (DDI), médicaments potentiellement inappropriés (PIM)). Les entrepôts de données de santé hospitaliers permettent de réutiliser les données détaillées des administrations médicamenteuses. L'objectif de ce travail était de proposer une nouvelle mesure d'exposition médicamenteuse cumulée des patients pour mieux caractériser différents déterminants (PP, HPP, DDI, PIM), au travers d'un cas d'usage concernant les patients hospitalisés pour une greffe de cellules souches hématopoïétiques (GCSH)
Méthodes |
Les séjours des patients adultes hospitalisés en hématologie pour GSCH au CHU de Rennes entre le 01/11/2020 et 01/11/2022 ont été identifiés via l'entrepôt de données de santé eHOP (GHM, mention de GCSH dans les comptes rendus). Plusieurs algorithmes ont été développés afin de calculer l'exposition cumulée (nombre de jours du séjour durant lesquels un patient est exposé) caractérisant la PP, l'HPP, les DDI ou les PIM. La base de connaissance Thériaque a été utilisée pour détecter les DDI et la liste GO-PIM pour les PIM. Pour chaque algorithme, le calcul tenait compte des médicaments et des chimiothérapies administrées lors de l'hospitalisation
Résultats |
Parmi les 79 patients allogreffés (m=51,8 ans) et les 150 patients autogreffés (m=57,7 ans), plus de 70 % avaient une PP et/ou une HPP, tous étaient exposés à une DDI, et tous les patients ≥65 ans avaient un PIM. Les DDI sévères (contre-indication, association déconseillée) affectaient respectivement 94,9 % et 26,6 % des patients allogreffés et autogreffés. Les expositions cumulées répondant aux définitions d'HPP et de DDI étaient plus élevées chez les patients allogreffés comparé aux patients autogreffés : 30j versus 5j en moyenne (p<0,05) et 326j versus 81j en moyenne (p<0,05) et ce, même après ajustement sur la durée de séjour
Conclusion |
Ce travail permet de montrer l'intérêt des entrepôts de données de santé pour quantifier l'exposition médicamenteuse des patients hospitalisés pour GCSH avec une nouvelle mesure d'exposition plus précise que les prévalences d'exposition à l'entrée des séjours classiquement utilisées
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Entrepôts de données de santé, Interactions médicamenteuses, Médicaments potentiellement inappropriés, Greffe de cellules souches hématopoïétiques, Polypharmacie-hyperpolypharmacie
Vol 72 - N° S1
Article 202248- mars 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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