Utilisation de progestatifs et risque de méningiome intracrânien : une étude cas-témoins à partir des données du Système national des données de santé (SNDS) - 12/03/24
, A. Neumann a, L. Hoisnard b, L. Duranteau c, M. Zureik a, A. Weill aRésumé |
Introduction |
L'utilisation prolongée à haute dose de trois progestatifs (acétate de cyprotérone, de chlormadinone et de nomégestrol) augmente fortement le risque de méningiome intracrânien. Nous avons recherché un risque similaire avec d'autres progestatifs (progestérone, médrogestone, acétate de médroxyprogestérone, dydrogestérone, promégestone, dispositifs intra-utérins (DIU) au lévonorgestrel (LNG)).
Méthodes |
Une étude cas-témoins a été menée à partir des données du SNDS. Nous avons analysé l'ensemble des cas de femmes ayant été opérées d'un méningiome entre 2009-2018. La date index a été la date d'entrée du séjour hospitalier. Les femmes ayant débuté une grossesse dans les deux ans avant la date index ont été exclues. A chaque cas ont été appariées cinq femmes témoins non opérées sur l’âge et le département. Pour les progestatifs délivrés par voie orale, percutanée, intravaginale ou intramusculaire, l'exposition a été définie par au moins une délivrance dans l'année avant la date index, et dans les 3 à 5 ans avant pour les DIU à 13,5 et 52 mg de LNG, respectivement. Une régression logistique conditionnelle a permis de calculer les odds ratio (OR) avec leurs intervalles de confiance (95%) estimant l'association entre l'exposition à chaque progestatif et le risque de méningiome.
Résultats |
Au total 18 061 femmes opérées d'un méningiome ont été incluses, appariées avec 90 305 femmes témoins. L'âge moyen des femmes était de 57,6 ans (ET=12,8). Un sur-risque de méningiome a été observé pour l'exposition à la médrogestone (42 cas exposés (0,2 %) versus 79 témoins exposés (0,1 %), OR=3,5[2,4-5,1]), à l'acétate de médroxyprogestérone (9 (0,05 %) versus 11 (0,01 %), OR=5,6[2,3-13,6]), et à la promégestone (83 (0,5 %) versus 225 (0,2 %), OR=2,4[1,9-3,1]), et, comme attendu, pour l'acétate de cyprotérone (891 (4,9 %) versus 256 (0,3 %), OR=19,2[16,6-22,2]), l'acétate de nomégestrol (925 (5,1 %) versus 1121 (1,2 %), OR=4,9[4,5-5,4]), et l'acétate de chlormadinone (628 (3,5 %) versus 946 (1,0 %), OR=3,9[3,5-4,3]). Aucun sur-risque de méningiome n'a été associé avec la progestérone, la dydrogestérone et les DIU au lévonorgestrel.
Conclusion |
Les utilisations prolongées de promégestone, de médrogestone et d'acétate de médroxyprogestérone (en contraception injectable très largement utilisée dans le monde) ont montré un sur-risque de méningiome intracrânien. Les prescripteurs et les patientes doivent en être informés.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots-clés : Méningiome, Progestatif, Promégestone, Médrogestone, Médroxyprogestérone
Vol 72 - N° S1
Article 202290- mars 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
