Témocilline et infections à entérobactéries du groupe III : sensibilité des isolats et pertinence clinique - 29/05/24
Résumé |
Introduction |
La témocilline, antibiotique dérivé de la ticarcilline, a longtemps été limitée dans son utilisation en raison de son spectre restreint aux entérobactéries. Cependant, sa stabilité face à la plupart des bêta-lactamases, notamment les BLSE en fait une alternative de choix dans le contexte actuel d'antibiorésistance. Cette molécule parait également stable vis-à-vis de l'hydrolyse induite par la céphalosporinase des entérobactéries du groupe III (ETB3) et à faible risque de dérépression de cette dernière. Pour autant, les recommandations récentes éditées par l'IDSA ne positionnent pas la témocilline pour le traitement des ETB3. L'objectif était donc d'évaluer la proportion d'isolats d'ETB3 sensibles à la témocilline et de déterminer l'évolution clinique de patients traités par témocilline pour une infection à ETB3.
Matériels et méthodes |
Nous avons réalisé une étude rétrospective bi-centrique. Concernant la partie microbiologique, une extraction du profil phénotypique de l'ensemble des souches cliniques d'ETB3 disponibles a été réalisée de Mai 2021 à Aout 2023. L'interprétation des antibiogrammes a été réalisée selon le CASFM 2021. Nous avons ensuite extrait l'ensemble des données clinico-biologiques des patients ayant reçu un traitement par témocilline pour une infection à ETB3 entre 2017 et 2023. Le critère de jugement principal était le succès thérapeutique défini par l'absence de récidive à 1 mois (3 mois si infection ostéoarticulaire) et l'absence de modification du traitement suite à une évolution clinique défavorable.
Résultats |
Durant la période d'intérêt, 5166 souches d'ETB3 ont été documentées. Parmi elles, 82% (n=4253) étaient sensibles à la témocilline contre 88% (n=4564) pour le céfépime. En se limitant aux ETB3 « résistantes aux Céphalosporines de 3ème génération (C3G) », la proportion de souches sensibles à la témocilline était de 66% (n=1227) contre 59% (n=1092) pour le céfépime. Quant aux prélèvements urinaires, 86% (n=1536) étaient sensibles à la témocilline contre 85% (n=1528) pour le céfépime.
Un traitement par témocilline a été initié chez 68 patients pour une infection à ETB3 sur la période d'intérêt. L'âge médian était de 64,2 ans avec une majorité d'hommes (68%, n=46). La prescription était réalisée après avis infectieux dans 84% de cas (n=56) et proposée dans un contexte de résistance aux C3G dans 79% des cas (n=55). La plupart des patients étaient hospitalisés en médecine conventionnelle (91%, n=62). Les portes d'entrée étaient majoritairement urinaires (49%, n=33) puis ostéoarticulaires (22%, n=15). La durée moyenne de prescription était de 12,9 jours (1-45) avec une posologie moyenne de 4,2 g/jour. Concernant le critère de jugement principal, le taux de succès global pour les patients avec un suivi complet était estimé à 89% (57/64). Il était de 87% (26/30) en limitant l'analyse aux infections urinaires.
Conclusion |
La témocilline semble être une molécule adaptée pour le traitement des infections à ETB3. Le taux de succès thérapeutique paraît élevé. Sa tolérance, son spectre restreint et sa facilité d'administration pourraient en faire un candidat pertinent en alternative au céfépime, actuelle molécule de référence pour ce type d'infections.
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Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 3 - N° 2S
P. S36-S37 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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