Efficacité d'une intervention pour la réévaluation précoce de l'antibiothérapie dans la neutropénie fébrile à haut risque - 29/05/24
Résumé |
Introduction |
La European Conference on Infections in Leukaemia (ECIL) recommande l'arrêt et la désescalade précoce de l'antibiothérapie probabiliste chez les patients neutropéniques stables, quel que soit le taux de polynucléaires neutrophiles et la durée attendue de la neutropénie. Malgré ces directives, la réévaluation précoce de l'antibiothérapie reste peu pratiquée dans les services d'hématologie en Europe.
L'objectif de cette étude avant-après était d'évaluer l'adoption et les effets d'une intervention pour la réévaluation précoce de l'antibiothérapie dans la neutropénie fébrile à haut risque sur la consommation antibiotique et le devenir des patients.
Matériels et méthodes |
Cette étude a été menée dans le service d'hématologie d'un Centre Hospitalier Universitaire pendant 2 périodes de 6 mois: une période pré-intervention (octobre 2019–mars 2020) et une période intervention (décembre 2021–mai 2022). L'intervention a consisté en des formations auprès des équipes médicales et paramédicales, la création d'algorithmes d'aide à la décision, une revue bihebdomadaire des antibiothérapies prescrites en présence de de l'équipe d'hématologie et des réunions mensuelles de retour d'information avec les prescripteurs. Le critère de jugement principal était la consommation globale d'antibiotiques pendant l'hospitalisation, mesurée en Days of Therapy (DOT).
Résultats |
Un total de 113 séjours a été inclus: 56 pendant la période pré-intervention et 57 pendant la période intervention. Une chimiothérapie d'induction et une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques étaient les motifs d'admission les plus fréquents.
Au cours de la période d'intervention, nous avons observé une diminution significative de la consommation globale d'antibiotiques (DOT médian 20 contre 28 jours, p = 0,006), de la consommation de carbapénèmes (DOT médian 5,5 contre 9 jours, p = 0,017) et de la consommation d'agents anti-Gram positif résistants (DOT médian 8 contre 11,5 jours, p = 0,017). Nous n'avons pas trouvé de différence statistique entre les 2 périodes concernant le taux d'admission en réanimation (5/57: 9% contre 5/56: 9%) et le taux de mortalité à 30 jours (3/57: 5 % contre 0/56: 0 %, p = 0,243).
Dans les épisodes de neutropénie fébrile où la réévaluation précoce de l'antibiothérapie était applicable, l'adhésion aux stratégies d'arrêt et de désescalade précoce était significativement plus élevée pendant la période intervention (55/71: 77% contre 4/49: 8%, p < 0.001). En analyse multivariée, l'inclusion dans la période intervention était le seul facteur associé à l'adhésion aux stratégies d'arrêt et de désescalade par l'équipe d'hématologie (OR 49.27, 95% CI [12.53–193.68], p < 0.001).
Conclusion |
L'implémentation d'une intervention de bon usage multifacette a permis d'augmenter de façon significative l'adhésion de l'équipe d'hématologie à la réévaluation précoce de l'antibiothérapie et de diminuer la consommation globale d'antibiotiques, sans impact négatif sur le devenir des patients.
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Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 3 - N° 2S
P. S37 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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