Hyperplasie angio-lymphoïde avec éosinophilie : une série de 17 cas - 08/06/24
, E. Mnif, M. Amouri, A. Masmoudi, M. Mseddi, S. Boudaya, E. Bahloul, H. TurkiRésumé |
Introduction |
L’hyperplasie angio-lymphoïde avec éosinophilie (HALE) est une dermatose éosinophilique rare, avec un traitement encore peu défini.
Patients et méthodes |
Notre étude était rétrospective portant sur tous les cas de HALE colligés sur une période de 20 ans (2004–2023). Le diagnostic était basé sur des arguments cliniques et histologiques.
Résultats |
Nous avons colligé 17 cas de HALE. L’âge moyen était de 45 ans (25–68 ans). Le sex-ratio (H/F) était de 0,6. Le délai de consultation variait entre 1 mois et 10 ans. Les lésions cutanées étaient à type de papules ou de nodules érythémateux ou violins (94 %). Deux patientes avaient des plaques infiltrées, hyperpigmentées de la face. Dix patients avaient des lésions multiples. Elles étaient localisées sur le front (5 cas), le cuir chevelu (8 cas), le visage (4 cas), le membre supérieur (2 cas), et l’oreille, le tronc, le pubis ou le sein, chacun dans un cas. La HALE était associée à une pelade et une hypothyroïdie chez un homme de 43 ans et à un léiomyome utérin chez une femme de 48 ans.
L’examen histopathologique montrait une prolifération vasculaire avec un aspect épithélioïde turgescent des cellules endothéliales. Des follicules lymphoïdes étaient présents dans 9 cas.
Plusieurs attitudes thérapeutiques étaient adoptées. L’exérèse chirurgicale était proposée chez les patients ayant des lésions petites et peu nombreuses (8 cas) avec une rémission complète dans 66 % des cas sans récidive avec un recul de 1 à 9 ans. Cinq patients ont eu un traitement à base de dermocorticoïdes associés au pentoxifylline. Une rémission était obtenue chez un seul de ces patients. La cryothérapie, les infiltrations de corticoïdes, le tacrolimus étaient utilisés chacun dans 2 cas sans efficacité. La corticothérapie orale, l’isotrétinoïne et l’interféron alpha utilisés chacun chez un seul patient n’ont pas entraîné d’amélioration. Le propranolol (40mg/j) durant 6 mois était efficace chez deux patient et décevant chez un autre. Un seul patient a présenté une rémission spontanée après deux ans d’évolution.
Discussion |
La HALE est un trouble vaso-prolifératif bénin rare d’origine inconnue. Les traumatismes, les infections et les facteurs hormonaux (hypothyroïdie, grossesse, etc.) sont considérés comme les causes probables. La HALE atteint souvent les sujets d’âge moyen avec une prédominance féminine. La présentation clinique et histologique de nos patients est conforme aux données de la littérature.
L’hyperpigmentation des lésions constatée chez 2 de nos patients pourrait être expliquée par l’ancienneté des lésions.
Il ressort de notre étude que l’excision chirurgicale peut être suffisante pour des lésions de petite taille et peu nombreuses. Mais les autres moyens thérapeutiques essayés (corticoïdes, tacrolimus, cryothérapie, pentoxifylline, isotrétinoïne, interféron alpha) ont une efficacité médiocre. Le propranolol, efficace chez deux de nos patients, probablement par son effet anti-angiogénique et antiprolifératif.
Conclusion |
En conclusion, notre étude démontre que bien que la HALE soit une tumeur vasculaire épithélioïde bénigne, elle représente un diagnostic et un traitement difficiles. La dermoscopie peut représenter un important outil diagnostique.
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Vol 45 - N° S1
P. A171 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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