Évaluation des pratiques professionnelles sur les prescriptions d’inhibiteurs de la pompe à protons dans le service d’oncologie - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) sont à l’origine d’un large mésusage avec des prescriptions trop fréquentes, injustifiées et/ou trop longues. Par ailleurs, la prise d’IPP au long cours augmente le risque d’effets indésirables et d’interactions médicamenteuses notamment avec les thérapies anticancéreuses.
Objectifs |
L’objectif principal de cette évaluation des pratiques professionnelles (EPP) était de réaliser un état des lieux de la conformité des prescriptions d’IPP dans le service d’oncologie, à l’admission, pendant l’hospitalisation et à la sortie du patient, pour optimiser le bon usage des IPP. Ce projet avait aussi pour buts, l’éducation thérapeutique du patient à l’arrêt de l’IPP et le développement du lien ville-hôpital en communiquant avec le médecin traitant sur la mise en place d’un protocole de dé-prescription et/ou de l’arrêt de l’IPP à la sortie du patient.
Méthode |
Une étude observationnelle descriptive et prospective de 6 semaines a été réalisée. Tous les patients présents dans le service au début du recueil, hors hospitalisation de semaine ont été inclus. Les données recueillies à partir du dossier patient informatisé sont celles liées au patient, à la prescription d’IPP et à la co-prescription (anti-inflammatoire non stéroïdien et stéroïdien, anticoagulant, antiagrégant). La pertinence des indications et des durées de prescription d’IPP s’est appuyée sur les recommandations de bonnes pratiques de l’ANSM, HAS et de la Société nationale française de gastro-entérologie. De plus, des fiches de bon usage des IPP pour le médecin traitant et le patient ainsi qu’un protocole de dé-prescription ont été créés et validés par un comité de pilotage (COPIL).
Résultats |
Cent douze patients ont été inclus, d’âge moyen 65,9 ans. Seulement 44 d’entre eux (40 %) ont un IPP dans leur traitement d’entrée, souvent non pertinent (70 %) et qui n’ont pas été réévalués dans 64 % des cas. Par ailleurs, 11 de ces patients (35 %) ont vu leur IPP maintenu à la sortie. Les instaurations d’IPP au cours de l’hospitalisation n’ont concerné que 12 patients (11 %), dont 7 d’entre-elles sont non pertinentes (58 %). Au final, 23 % des patients inclus sont sortis avec un IPP, soit près de 17 % de révision active des prescriptions.
Discussion – conclusion |
Cette EPP montre un manque de réévaluation de toutes les prescriptions d’IPP non pertinentes malgré une amélioration des pratiques ressentie au fur et à mesure de l’étude. De plus, le manque de personnel en période estivale a freiné le développement du lien ville-hôpital et la dé-prescription des IPP. Au final, le plan d’action décidé en interne comprend la formation initiale et continue des oncologues et des nouveaux internes, l’intégration automatique d’un protocole de dé-prescription lors de l’arrêt de l’IPP avec la communication auprès du médecin traitant à la sortie du patient et la réalisation d’une deuxième EPP à distance tout en maintenant l’analyse pharmaceutique afin de stopper les prescriptions non pertinentes.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Évaluation des pratiques professionnelles, Inhibiteur de la pompe à proton, Pertinence clinique
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e113 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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