Emergence et expansion de la résistance à la pipéraquine sur le plateau des Guyanes: les alternatives thérapeutiques envers Plasmodium falciparum s'amenuisent - 13/12/24
, L. Mathieu 1, F. de Laval 2, A.-M. Early 3, S. Sauthier 1, Y. Lazrek 1, S. Pelleau 1, W.-M. Monteiro 4, M. Agranier 1, N. Taudon 5, F. Morin 2, M. Magris 6, M.-V.-G. Lacerda 7, G.-M.-R. Viana 8, S. Herrera 9, M.-R. Adhin 10, M.-U. Ferreira 11, C.-J. Woodrow 12, G.-R. Awab 12, H. Cox 13, M.-P. Ade 14, E. Mosnier 15, M. Pierre-Demar 16, F. Djossou 16, D.-E. Neafsey 3, P. Ringwald 17, L. Musset 1Résumé |
Introduction |
Plasmodium falciparum est souvent associé au développement des formes graves de la maladie. Selon les recommandations de l'OMS, ces infections palustres doivent être traitées par des bi-thérapies comprenant de l'artémisinine et une molécule partenaire, par exemple la dihydroartémisine-pipéraquine (DHA-PPQ). Cependant, des parasites résistants à cette association ont émergé en Asie du Sud-Est en 2008. Dans le cadre de la surveillance, l’émergence de la résistance en Amérique du Sud est conduite.
Méthodes |
Une étude d'efficacité de traitements a été réalisée chez les patients infectés par P. falciparum et traités par DHA-PPQ en Guyane (n = 6, 2016-2018). Des isolats contemporains collectés entre 1997 et 2023 ont également été génotypés au niveau des potentiels marqueurs de résistance. Ainsi, le génotype Pfcrt (n = 845) et le nombre de copies des gènes Pfpm2 et Pfpm3 (n = 230) ont été déterminés. La sensibilité de certains parasites (n = 86) a été évaluée in vitro et comparée aux génomes associés (n = 50). À l’échelle régionale, des isolats en provenant de cinq pays amazoniens ont été génotypés (n = 1440) y compris au niveau du marqueur de résistance à l'artémisinine, Pfk13 (n = 2752, 1997-2023).
Résultats |
Parmi les isolats analysés, 47 % (n = 40/86, 95 % CI 35,9-57,1 %) étaient résistants à la pipéraquine in vitro entre 2008 et 2018. Ces phénotypes étaient associés à la présence de la mutation PfCRTC350R ainsi que des amplifications des gènes Pfpm2 et 3 (Dunn-test, p < 0,001). Ces marqueurs génétiques étaient aussi associés à des échecs thérapeutiques de la DHA-PPQ (n = 3/6 [50 %]). Ils ont été retrouvés à forte prévalence au Suriname (n = 19/35 [83 %]) et au Guyana (n = 579/791 [73 %]). L'analyse rétrospective a déterminé que l’émergence de la mutation PfCRTC350R avait précédé celle des amplifications des gènes Pfpm2 et 3 dans la population parasitaire.
De plus, la surveillance de Pfk13 n'a identifié aucune mutation associée à la résistance à l'artémisinine dans la région. L’émergence de la résistance à la pipéraquine est indépendante de celle observée en Asie du Sud-Est et diffère dans la temporalité d’évolution des marqueurs.
Discussion |
La forte prévalence des marqueurs de résistance à la pipéraquine, reportée au sein de la population parasitaire du plateau des Guyanes, ainsi que le risque associé d’échec thérapeutique, incitent à stopper l'usage de l'association dihydroartémisine-pipéraquine dans la région. Cela réduit davantage la liste des traitements encore efficaces et disponibles pour traiter les infections à P. falciparum. Cela appel également une vigilance particulière quant à l'utilisation des associations restant efficace.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 3 - N° 4S
P. S10-S11 - décembre 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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