Évaluation du risque hémorragique lors de la co-prescription des anticoagulants oraux et des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) : méthodologie d’une étude émulant un essai contrôlé randomisé à partir du SNDS en France - 27/02/25
Résumé |
Introduction et objectifs |
Les anticoagulants oraux (AOD ou AVK) sont largement utilisés en pratique courante notamment dans le traitement de la MTEV ou en prévention des accidents thromboemboliques en cas d’arythmie [1]. Le principal effet indésirable de cette classe est le risque hémorragique. Les interactions médicamenteuses d’ordre pharmacodynamique peuvent majorer ce risque. Du fait de la présence de sérotonine au sein des plaquettes, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) pourraient être un facteur de risque de saignement lors de prise concomitante avec un anticoagulant. Plusieurs études de pharmacovigilance et épidémiologiques rapportent une majoration du risque [2]. Cependant dans la littérature, aucune étude de pharmaco-épidémiologie récente n’a utilisé les données du Système national des données en santé (SNDS) afin de comparer le risque hémorragique chez les patients dépressifs sous anticoagulants oraux et traités par ISRS et ceux recevant un autre type d’antidépresseur.
Du fait de la difficulté de tester cette hypothèse dans un essai thérapeutique, l’objectif de ce travail utilisant des méthodes de pharmaco-épidémiologie est d’évaluer le risque hémorragique lors de la co-prescription d’anticoagulants oraux et d’ISRS par rapport à un comparateur actif pour guider la stratégie thérapeutique.
Méthodologie |
Notre étude émulant un essai contrôlé randomisé à partir des données du SNDS français permettra de constituer deux groupes de patients : un groupe AOD/AVK+ISRS et un groupe comparateur actif AOD/AVK+autre antidépresseur. Dans chaque groupe, les patients recevant un anticoagulant seront inclus avec un suivi prospectif à partir de la date index correspondant à l’initiation de l’ISRS ou du comparateur actif. Le critère de jugement principal est défini comme le premier épisode d’hémorragie majeure (basé sur les causes d’hospitalisation et selon la Société internationale de thrombose et d’hémostase).
Résultats |
Un modèle de Cox avec pondération par score de propension (SP) permettra d’estimer les hazard ratios des saignements majeurs dans chacun des groupes. Les variables utilisées pour construire le SP seront l’âge, le sexe, les antécédents (diabète, HTA, insuffisance cardiaque, hépatique ou rénale, FA, cardiopathie, MTEV, hémorragie) et les traitements concomitants majorant le risque hémorragique.
Discussion |
En se basant sur les données du SNDS et par une approche de pharmaco-épidémiologie, notre étude permettra de limiter le risque hémorragique des patients sous antidépresseurs et anticoagulants oraux.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Anticoagulants, ISRS
Plan
Vol 50 - N° 1
P. 49 - mars 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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