Exploration des liens entre plainte de sommeil et consommation d’alcool : quelle place pour les symptômes dissociatifs ? - 28/02/25

Résumé |
Objectif |
Le lien bidirectionnel entre les troubles du sommeil et la consommation d’alcool repose sur des mécanismes cognitifs et émotionnels encore peu explorés. Les expériences dissociatives, telles que la dépersonnalisation, la déréalisation, l’amnésie dissociative ou l’absorption dans l’imaginaire peuvent contribuer à renforcer le cercle vicieux. Cependant, ces expériences dissociatives peuvent être confondues avec d’autres atteintes cognitives, comme des difficultés attentionnelles ou mnésiques. Cette étude vise donc à explorer les liens entre les expériences dissociatives, la sévérité de la plainte de sommeil et des consommations d’alcool, afin d’identifier si elles reflètent un mécanisme pathologique ou sont secondaires à un dysfonctionnement cognitif.
Méthodes |
Au total, 107 volontaires sains (25,87±11,75 ans, 74 femmes) ont complété une étude en ligne. L’index de qualité de sommeil de Pittsburg (PSQI) et l’Alcohol Use Disorders Test (AUDIT) ont été complétés pour évaluer respectivement la plainte de sommeil et la sévérité des consommations d’alcool. Les expériences dissociatives ont été évaluées à l’aide du questionnaire DES, évaluant la fréquence des symptômes dissociatifs en vie quotidienne grâce à un score total et 4 sous-scores : dépersonnalisation/déréalisation (DPDR), amnésie dissociative (AD) et absorption dans l’imaginaire (AI) et pathologie dissociative (DES-T). Des analyses de corrélations et de médiations ont été réalisées entre ces différentes variables.
Résultats |
Le score total au PSQI est corrélé positivement au score total à l’AUDIT (p<0,05). Le PSQI et l’AUDIT sont corrélés positivement au score total DES, et aux sous-scores DPDR, AD, AI (p<0,05) mais pas au sous-score DES-T. Les analyses de médiations suggèrent que seul le sous-score AI médie les liens entre PSQI et AUDIT.
Conclusion |
Cette étude confirme l’existence de liens bidirectionnels entre plainte de sommeil et sévérité des consommations d’alcool en population générale. L’absorption dans l’imaginaire semble jouer un rôle de médiation dans cette relation. Les individus vivant régulièrement ces expériences sont donc plus susceptibles d’avoir une consommation d’alcool élevée et des plaintes de sommeil. L’absorption dans l’imaginaire rapportée dans les participants pourrait ainsi être davantage le reflet d’atteintes cognitives, due aux effets conjoints de la plainte de sommeil et de la sévérité des consommations d’alcool, plutôt qu’à une véritable dissociation pathologique.
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Vol 22 - N° 1
P. 82-83 - mars 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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