Pustulose exanthématique aiguë généralisée : profil clinicobiologique et facteurs déclenchants chez 16 patients - 17/05/25
Résumé |
Introduction |
La pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG) est une toxidermie rare mais potentiellement sévère, caractérisée par une éruption pustuleuse aiguë déclenchée par une prise médicamenteuse ou un épisode infectieux. Le but de notre étude était de décrire le profil épidémioclinique, thérapeutique et évolutif de la PEAG.
Matériels et méthodes |
Nous avons mené une étude rétrospective de janvier 2013 à février 2025, incluant tous les patients hospitalisés pour PEAG. Les données cliniques, biologiques et étiologiques ont été analysées.
Résultats |
Il s’agissait de 16 patients, avec un âge moyen de 34,4 ans et une prédominance féminine (10 femmes et 6 hommes). Le délai moyen d’apparition des lésions était de 2,0jours (1–7 jours). Une fièvre était présente dans 10 cas et une hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles dans 12 cas. Une atteinte systémique a été retrouvée chez 3 patients (une atteinte rénale et deux atteintes hépatiques : cholestase et cytolyse). La biopsie cutanée, réalisée dans 14 cas, a montré une pustulose spongiforme infundibulaire associée à un derme superficiel œdémateux avec quelques nécroses kératinocytaires. Les médicaments incriminés était l’hydroxychloroquine (1 cas), l’oxacilline (1 cas), l’amoxicilline (2 cas), la clindamycine (1 cas), la teicoplanine (1 cas), la pristinamycine (1 cas), l’amikacine (1 cas), l’association amoxicilline–acide clavulanique (1 cas) et les antituberculeux (1 cas). Une étiologie post-virale a été retenue dans 2 cas, un cas était secondaire à une exposition au mercure et un cas suite à une piqûre d’araignée. Tous les patients ont été traités par dermocorticoïdes, avec une évolution clinique et biologique favorable dans tous les cas.
Discussion |
Nos résultats confirment la prédominance féminine et le rôle majeur des antibiotiques dans la survenue de la PEAG. Toutefois, nous soulignons l’existence d’étiologies moins fréquentes, telles que les causes virales et l’exposition au mercure, qui doivent être recherchées systématiquement. Les cas survenant après piqûre d’insectes sont rares. L’atteinte systémique, bien que rare, impose une surveillance étroite, notamment en cas d’atteinte hépatique ou rénale.
Conclusion |
La PEAG reste une toxidermie majoritairement médicamenteuse, le plus souvent induite par des antibiotiques. L’identification précoce du facteur déclenchant est essentielle pour une prise en charge rapide et efficace. L’évolution est généralement favorable sous dermocorticoïdes après l’arrêt de l’agent causal. L’identification des formes non médicamenteuses, bien que rares, est primordiale pour éviter les expositions ultérieures.
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Vol 46 - N° S1
P. A182 - juin 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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