Identification rapide de la source de contamination d'un épisode de cas groupés de 17 cas de légionellose en 2024. - 29/05/25
Résumé |
Introduction |
Les légionnelles sont des bactéries hydrotelluriques responsables de pneumonies atypique souvent sévères, en particulier chez les individus vulnérables. Début septembre 2024, la cellule régionale (CR) de Santé publique France a été alertée par un infectiologue concernant 6 cas rapprochés de légionellose diagnostiqués dans plusieurs services de son hôpital. Une investigation épidémiologique et environnementale, en collaboration avec l'agence régionale de santé (ARS), a été immédiatement déclenchée afin d'identifier une potentielle source commune de contamination et mettre en oeuvre les mesures de contrôle.
Matériels et méthodes |
Un cas a été défini comme toute personne ayant présenté, entre le 01/08/2024 et le 30/09/2024 une pneumonie avec une confirmation biologique d'infection à Legionella pneumophila sérogroupe 1 (Lp1) et résidant ou ayant fréquenté le sud-ouest parisien dans les 14 jours précédant la date de début des signes de la maladie.
Résultats |
Au total 17 cas ont été inclus dans cet épisode avec une date de début des signes comprise entre le 26/08/2024 et le 29/09/2024 et une médiane d'âge de 70,4 ans [46 – 98 ans]. Tous les cas ont été diagnostiqués par la détection d'antigène urinaire Legionella positive. Un prélèvement respiratoire bas a été effectué chez 9 cas (53%) et pour 5 (38%) une souche Lp1 a été isolée. L'ARS a alerté les hôpitaux parisiens pour renforcer la vigilance quant au diagnostic de légionellose. Parallèlement, l'ARS a effectué des prélèvements environnementaux pour identifier les sources potentielles de contamination de la zone définie ; les tours aéroréfrigérantes (TAR) et sur d'autres sources comme les brumisateurs et les jeux d'eau mis en place pour les Jeux Olympiques 2024. Les résultats des analyses environnementales ont révélé des concentrations anormales de légionnelles (580 000 UFC/L) dans une TAR, entraînant sa fermeture le 16/09/2024. Les échantillons analysés par le Centre National de Référence des Légionelles (CNR-L) ont permis d'identifier des souches Lp1 de Sequence Type ST16 chez 4 des 17 cas pour lesquels une souche était disponible et dans les échantillons d'eau de la TAR incriminée. Le séquençage des génomes n'a retrouvé aucun single nucleotide polymorphism (SNP) de différence entre les souches cliniques ST16 et les souches environnementales isolées de la TAR concluant que cette TAR était la source la plus probable à l'origine de cet épisode.
Conclusion |
Cette investigation illustre l'importance d'une étroite collaboration entre les différents acteurs de la surveillance. Dans cet épisode, le signalement précoce d'une situation inhabituelle, la disponibilité de prélèvements respiratoires grâce aux cliniciens et biologistes ainsi que les investigations environnementales ciblées ont permis l'identification rapide et le contrôle de la source de contamination.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 4 - N° 2S
P. S73 - juin 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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