Existe-t-il une indication à la réalisation d’une amputation de membre en préhospitalier ? - 13/08/25
Is there an indication for performing an amputation in the prehospital setting?
, Alexia MilaireCet article a été publié dans un numéro de la revue, cliquez ici pour y accéder
Résumé |
L’amputation de membre en préhospitalier est un acte rare, réservé à des situations extrêmes. La littérature existante se concentre sur les indications du geste mais peu sur ses résultats fonctionnels. Ceux-ci dépendent de nombreux facteurs : nombre et localisation des membres amputés, âge, complications, qualité du matelassage du moignon, appareillage et rééducation. L’amputation d’au moins deux membres diminue fortement les chances de réadaptation. La conservation du genou améliore significativement le pronostic fonctionnel. Les complications sont fréquentes : jusqu’à 49 % selon certaines séries. Les douleurs du membre fantôme touchent environ 50 % des amputés du membre supérieur. La littérature ne permet pas de trancher de manière fiable entre amputation et conservation dans les cas limites, tant les variables influençant le pronostic sont nombreuses. Ainsi, la décision devrait idéalement être hospitalière, en équipe pluridisciplinaire, avec imagerie et évaluation des ressources de rééducation disponibles. En situation de catastrophe, les amputations sont plus fréquentes, surtout dans les pays à ressources limitées, où le manque d’accès aux prothèses et soins compromet la récupération. Trois indications d’amputation en préhospitalier sont reconnues : péril vital immédiat, état se dégradant empêchant l’attente d’extraction, et membre non viable retardant l’évacuation. Le geste, réalisé sous sédation optimale, suit les principes du damage control : amputation la plus distale possible, hémostase rapide, sans geste chirurgical superflu. L’amputation préhospitalière doit rester une exception, réservée aux situations où elle conditionne la survie du patient.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Prehospital limb amputation is a rare and extreme intervention. Existing literature focuses mainly on the indications for the procedure, with limited attention to functional outcomes. These outcomes depend on numerous factors: the number and location of amputated limbs, age, complications, stump quality, prosthetic fitting, and rehabilitation. Amputation of two or more limbs significantly reduces the chances of successful prosthetic use. Preservation of the knee is associated with markedly better functional prognosis. Complications are frequent, with some studies reporting up to 49%. Phantom limb pain affects approximately 50% of upper limb amputees. The literature does not provide a reliable basis for choosing between amputation and limb preservation in borderline cases due to the many variables influencing outcomes. Therefore, such decisions should ideally be made in hospital by a multidisciplinary team with access to imaging and local rehabilitation resources. In disaster settings, amputations are more frequent, particularly in low-resource countries, where limited access to modern prosthetics and rehabilitation services severely impacts functional recovery. Three recognised indications for prehospital amputation exist: immediate life-threatening danger, a deteriorating clinical condition where the patient cannot survive the time required for extrication, and a non-viable limb with minimal attachment delaying evacuation. The procedure, performed under optimal sedation, should follow damage control principles: the most distal amputation possible, rapid haemostasis, and no unnecessary surgical steps. Prehospital amputation must remain an exceptional measure, justified only when it is vital to ensure the patient's survival.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Amputation, Sauvetage, Catastrophe, Chirurgie, Traumatologie, Rééducation
Keywords : Amputation, Rescue, Disaster, Surgery, Traumatology, Readapation
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