Pemphigoïde bulleuse : implication des auto-anticorps spécifiques anti-peau de type IgE dans l’expression clinique de la maladie - 12/11/25
Résumé |
Introduction |
La pemphigoïde bulleuse est la maladie auto-immune de la peau la plus fréquente chez le sujet âgé. Il s’agit d’une maladie rare et sévère avec un taux de mortalité à 20,9 % l’année suivant le diagnostic. Plus de 20 % des patients ne présentent pas de bulles au moment du diagnostic, pouvant rendre ce dernier difficile à poser. Jusqu’à présent, aucune différenciation biologique n’est connue entre les formes bulleuses et non bulleuses de la maladie. Notre objectif principal est d’établir une éventuelle corrélation entre la présence d’auto-anticorps spécifiques IgE anti-peau et les phénotypes cliniques bulleux et non-bulleux lors du diagnostic, dans une population de patients suivis pour une pemphigoïde bulleuse dans notre service. L’objectif secondaire est d’étudier s’il existe d’autres marqueurs biologiques corrélant avec l’une ou l’autre des deux formes cliniques.
Matériel et méthodes |
Étude rétrospective et monocentrique incluant des patients diagnostiqués dans notre service entre 2011 et 2021. Trente-cinq patients ont été inclus, 10 formes non bulleuses et 25 formes bulleuses. Chez tous les patients ont été analysés au moment du diagnostic, la présence dans la peau et dans le sang d’IgE et d’IgG anti-peau par immunofluorescence directe (IFD) et indirecte (IFI) d’IgE et d’IgG anti-BP180, le taux d’IgE totales et le nombre d’éosinophiles. Les données démographiques et les comorbidités ont également été étudiées.
Résultats |
Nous n’observons aucune corrélation entre les auto-anticorps IgE anti-peau et le phénotype clinique (test de Fisher p>0,05). Notre étude démontre cependant une corrélation statistiquement significative entre les IgG anti-BP180 et le phénotype bulleux (test de Fisher p=0,017, test de Wilcoxon p=0,0026, test de Student après transformation logarithmique p=0,0013). L’analyse multivariée montre une forte association entre l’âge avancé>79 ans, la présence d’IgG anti-BP180>50U/mL ainsi que la présence d’une IFI anti-peau positive en IgG avec le phénotype bulleux.
Discussion |
Notre étude n’a pas montré de corrélation entre les auto-anticorps de type IgE anti-peau (dans le sang et la peau) et le phénotype clinique. Ces résultats sont cohérents avec d’autres études. Sur la base de ces résultats, nous considérons que les auto-anticorps IgE anti-peau ne jouent pas un rôle essentiel dans les formes cliniques de la pemphigoïde bulleuse. L’analyse multivariée a montré que la présence concomitante des trois paramètres (âge supérieur à 79 ans, IgG anti-BP180>50U/mL et IFI anti-peau positive en IgG) est associée à 80 % avec la forme bulleuse de la maladie.
Conclusion |
Notre étude ne montre pas d’implication des auto-anticorps de type IgE anti-peau dans l’expression clinique de la maladie. Elle démontre cependant que la forme bulleuse semble associée à un taux élevé d’IgG anti-BP180 (>50U/mL), à l’âge avancé (>79 ans) ainsi qu’à une IFI anti-peau positive en IgG. Ces résultats méritent d’être approfondis pour confirmer si cette association peut être considérée comme un facteur prédictif d’apparition de bulles.
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Vol 5 - N° 8S
P. A204 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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