Évaluation de l’évolution de l’hidradénite suppurée pendant les menstruations et impact de la maladie sur le dépistage et la prévention du cancer du col de l’utérus - 12/11/25
Résumé |
Introduction |
Nous avons mené une étude chez des femmes souffrant d’hidradenite suppurée (HS) pour évaluer l’influence des facteurs périmenstruels sur l’évolution de la maladie, le délai entre règles et poussées, ainsi que l’adhésion et les freins au dépistage du cancer du col et à la vaccination anti-HPV.
Matériel et méthodes |
Il s’agit d’une étude descriptive, rétrospective et multicentrique. Les données étaient recueillies par le médecin avec un questionnaire standardisé. Les patientes étaient des femmes ≥18 ans, non ménopausées, souffrant d’HS. Les données collectées incluaient des caractéristiques épidémiologiques, les habitudes menstruelles, l’impact de la période périmenstruelle sur l’HS, la réalisation du dépistage du cancer du col et de la vaccination anti-HPV. Les variables quantitatives ont été décrites par des statistiques descriptives usuelles, et les variables qualitatives par effectifs et pourcentages. Des analyses univariées (tests du Chi2 et de Fisher) ont été menées (significativité : p<0,05)
Résultats |
Cent patientes ont été incluses ; 46 patientes décrivaient des poussées prémenstruelles (définies par l’apparition de nouvelles lésions), le plus souvent 3 à 5jours avant les règles, touchant surtout les plis inguinaux et les lèvres. Ces poussées étaient plus fréquentes en cas de règles abondantes (p=0,045) et chez les stades Hurley 3 (p=0,032). Les patientes sous pilule progestative (n=13) en rapportaient moins (p=0,014). Cinquante-trois patientes signalaient une aggravation des symptômes (douleurs, écoulements) en période péri menstruelle, qui était significativement associée au stade Hurley 3 (p=0,048), à l’usage d’AINS (p<0,01) et à l’atteinte des lèvres (p=0,036). Quarante-trois patientes rapportaient une aggravation liée aux protections, principalement avec les serviettes (n=36), les tampons (n=2), et les culottes (n=2). Soixante-dix-huit patientes avaient réalisé le dépistage du cancer du col. La moitié le faisait à une fréquence inférieure aux recommandations (n=39), par manque d’information ou par lassitude ; 23 avaient eu un résultat anormal, entraînant une colposcopie et/ou une conisation chez 18 d’entre elles. Sur les 39 patientes ayant ≤30 ans, 7 étaient vaccinées et la vaccination n’avait été proposée qu’à 10 d’entre elles.
Discussion |
Notre étude a permis de mieux caractériser les facteurs influençant l’évolution de l’HS en période péri menstruelle. La perception d’aggravation par les protections hygiéniques, surtout les serviettes était rapportée dans 43 % des cas. Une contraception par pilule progestative était significativement associée à une moindre fréquence de poussées. La moitié des patientes avaient réalisé moins de frottis que préconisé. La couverture vaccinale anti-HPV des patientes était de 17 %, ce qui est inférieur aux données nationales estimées à 26,3 % chez les femmes nées entre 1995 et 2008.
Conclusion |
Il est nécessaire de prendre en compte au cours du suivi des patientes, les menstruations, le choix des protections périodiques et le conseil contraceptif. Le dépistage du cancer du col et la vaccination anti-HPV doivent être encouragés chez ces patientes. Ces données plaident pour une approche individualisée de l’HS chez la femme.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 5 - N° 8S
P. A70 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
