Évaluation de la reverticalisation du scaphoïde dans l’instabilité scapholunaire chronique : une analyse radiographique et en scanner quatre-dimensions - 06/12/25
, Gabriela Hossu 2, Alain Blum 3, François Dap 1, Pedro Augusto Gondim Teixeira 3, Lionel Athlani 4Résumé |
La réductibilité du scaphoïde est une condition nécessaire à la réalisation d’une ligamentoplastie chez les patients atteints d’instabilité scapholunaire (ISL). Un scaphoïde réductible se reverticalise en inclinaison ulnaire de poignet. Cependant, aucun moyen ne permet de quantifier la force nécessaire à la reverticalisation du scaphoïde et à la correction de l’instabilité. La Mayo Clinic a décrit l’angle intrascaphoïdien antéropostérieur (APISA) pour mesurer l’angulation d’un cal vicieux du scaphoïde sur radiographies standards. Le scanner quatre-dimensions a démontré sa fiabilité d’analyse des mouvements des os du carpe. Le but de notre étude était d’évaluer l’utilité et la fiabilité de la mesure de la variation de l’APISA sur radiographies en inclinaisons radiale et ulnaire et de la mesure de l’angle radioscaphoïdien (RSA) sur scanner dynamique pour quantifier la reverticalisation du scaphoïde, et leur contribution à identifier les scaphoïdes non réductibles. Nous avons réalisé une étude prospective incluant 150 patients suspects d’ISL. Nous les avons classés en trois groupes selon les mesures radiographiques du gap scapholunaire et la condition du ligament scapholunaire à l’arthroscanner : « instabilités dynamiques », « instabilités statiques » et « sans instabilité ». Nous avons mesuré indépendamment la variation de l’APISA entre les radiographies en inclinaison radiale et en inclinaison ulnaire, et la différence entre les mesures maximales et minimales du RSA au scanner quatre-dimensions. Les variations de l’APISA et du RSA étaient significativement réduites dans le groupe « instabilités statiques » comparativement au groupe « sans instabilité » (réduction de 35 %, p < 0,01). Aucune différence significative n’a été observée entre les groupes « instabilités dynamiques » et « sans instabilité ». APISA ≤ 9° et RSA ≤ 14° distinguent un scaphoïde peu réductible ; APISA ≤ 6° et RSA ≤ 9° un scaphoïde non réductible. Dix neuf pour cent des patients instables avaient un scaphoïde peu réductible, 15 % un scaphoïde non réductible. Les deux méthodes montrent une diminution moyenne semblable de 35 % de la reverticalisation du scaphoïde dans les ISL statiques comparativement aux instabilités dynamiques et à l’absence d’instabilité. Nous observons 15 % de scaphoïdes non réductibles, appartenant tous au stade statique de l’ISL. Ce résultat est cohérent avec les 15 % d’apparition d’arthrose SLAC suivant une ligamentoplastie, patients pour lesquels des stratégies palliatives devraient être privilégiées. La mesure de la variation de l’APISA et du RSA permet une évaluation quantitative de la reverticalisation du scaphoïde et contribue à identifier les scaphoïdes non réductibles au stade d’ISL statique.
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Vol 44 - N° 6
Article 102367- décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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