Comparaison de l’empreinte carbone de différents antibiotiques : optimisation des prescriptions sur un critère environnemental - 07/12/25
, S. Taillemite 2, A. Calesse 1, E. Piednoir 3, C. Bougle 4, F. Bounoure 5, B. Phan 1, M. Reveillon Istin 3Résumé |
Contexte |
Les modifications climatiques et l’antibiorésistance constituent les 2 principales menaces pour la santé humaine selon l’Organisation mondiale de la santé. Victime et coupable, le secteur de la santé émet des gaz à effet de serre. Les médicaments constituent le premier poste d’émission (29 %) (1). Connaître l’impact environnemental de nos soins fait partie des axes d’action pour décarboner la santé (2).
Objectifs |
L’objectif est de comparer l’empreinte carbone de différents antibiotiques (ATB) afin de réduire l’impact environnemental de nos soins à efficacité égale pour le patient.
Matériels et méthodes |
L’empreinte carbone (EC) a été réalisée selon la norme GHG (Greenhouse gas) protocol, pour les ATB suivants: cefotaxime, ceftriaxone et levofloxacine intraveineux (IV), ofloxacine, ciprofloxacine, levofloxacine, cotrimoxazole, azithromycine et clarithromycine per os. L’unité fonctionnelle est la dose définie journalière (DDJ).
Résultats |
La fabrication du principe actif et le conditionnement du médicament en Europe, comparé à l’Asie, permet de réduire l’EC de 17 % à 43 % selon les antibiotiques. Par exemple, la ciprofloxacine fabriquée en Espagne émet 28 % de CO 2 en moins par DDJ que celle fabriquée en Inde (153gCO 2 eq versus (vs) 212gCO 2 eq). L’EC de la levofloxacine IV est 11 fois supérieur à la voie orale (1649 vs 151gC0 2 eq/DDJ). L’ofloxacine a une EC 28 % inférieure à la ciprofloxacine (152 vs 212gC02eq/DDJ). L’EC du cotrimoxazole constitue le double de celle de la levofloxacine (334 vs 151gC02eq/DDJ). L’EC de la clarithromycine constitue le double de celle de l’azithromycine (403 vs 210gC02eq/DDJ). L’EC du cefotaxime (flacon 1 g) est 2 fois supérieure à la ceftriaxone (flacon 1 g) (4342 vs 2145gC0 2 eq/DDJ).
Discussion/conclusion |
L’EC est un outil robuste et précieux pour mesurer l’empreinte environnementale de nos soins. Ainsi, d’un point de vue environnemental: La fabrication européenne des ATB est plus vertueuse. La voie orale est moins impactante que la voie IV. Les ATB aux DDJ les plus faibles sont à privilégier sur le critère carbone. Dans l’objectif de la création d’un éco-score spécifique aux ATB, il conviendrait de prendre également en compte l’écotoxicité : indice PBT (Persistance 4ioaccumulation et 4oxicité) et PNEC (Concentrations 4rédites sans 4ffets sur l’4ntibiorésistance) (3), et l’impact sur le microbiote intestinal.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Antibiotiques, Empreinte carbone, Prescription
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Vol 60 - N° 4
P. e28-e29 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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